Les religions

Les religions se répartissent en deux groupes. L’un celui des religions monothéistes (le zoroastrisme, le judaïsme, le christianisme et l’islam), qui prône un Dieu unique, élabore la vision d’un au-delà nettement différencié, avec un paradis pour les justes, un enfer pour ceux qui ont fauté, une résurrection finale. L’autre, celui des religions karmiques (en Inde et en Extrême-Orient), fondées sur la croyance en un karma qui est un bilan des mérites et des démérites de chacun, envisage la vie comme une étape dans la roue des existences , faite de renaissances déterminées par le poids du karma, jusqu’au nirvana qui est l’absorption dans l’âme universelle. Elle se présentent toutes comme des religions éthiques, qui se construisent en référence au bien et au mal : elles sont la source de la vie morale.

L’exclusivité et la fidélité historique de chacune des religions est une source d’intolérance, elle a engendré, engendre et engendrera la violence au nom de Dieu.

Ma voie est la meilleure et est supérieure aux autres.

Chacun peut et doit établir une relation individuelle à la divinité ou une essence universelle, puisqu’il est convenu que chaque être est créé à l’image de Dieu (dans les monothéismes) ou est une parcelle de l’âme universelle (dans les religions karmiques). L’insistance se fait sur le perfectionnement de l’individu, à travers, soit la primauté de l’amour de Dieu et du prochain, soit l’annulation du désir et de la souffrance. Les épreuves sont considérées comme autant de marches dans l’accomplissement de cette expérience : un moyen de rédemption des pêchés ou d’un mauvais karma.

Les philosophes grecques ont cherchés également, à travers diverses écoles de sagesse, à élaborer une voie d’accomplissement individuel.

Face aux prêtres qui enseigne les dogmes et les rites du culte, le maitre choisit la voie de l’oralité, du contact, et, en même temps que la doctrine, il transmet le savoir-faire pour accéder au salut personnel, à travers une ascèse, une rigueur de vie, un mode d’emploi qui transforme l’existence de l’élève assoiffé de salut. A la ritualité, il oppose l’introspection. Au dogme, l’expérience. Aux édifices intellectuels, l’ouverture du cœur.

Sagesses chinoises

Pour la majorité des chinois, les trois doctrines (taoïsme, confucianisme et bouddhisme) sont complémentaires.

Autrefois je passais des jours entiers sans manger et des nuits entières sans dormir, afin de me livrer à la méditation. J’en ai retirer peu de fruit, il vaut mieux étudier. Confucius.

En effet, la vie est un équilibre, c’est la voie du milieu entre le travail, l’amour et l’individualisation.

C’est à travers l’étude des anciens et la découverte de la sagesse que l’homme accède à la connaissance, gage de la vertu d’humanité et par là même de l’harmonisation sociale.

Hindouisme

L’hindouisme est une religion sans fondateur, il a pour forme le bhakti, un mot forgé à partir de la racine sanskrit bhaj qui signifie tout à la fois donner et recevoir, partager et jouir, servir et adorer. La bhakti est à la dévotion à un dieu personnel dans lequel le dévot, le bhakta, voit un dieu suprême, bien que non exclusif.

La femme se doit de renaitre en homme, son dharma lui impose de consacrer toute sa dévotion à son époux et à ses enfants. La femme reste en effet entachée d’une impureté originelle qui s’exprime chaque mois dans ses menstruations

A notre époque, la femme en Inde est loin d’être l’égale de l’homme.

Le Bouddhisme.

Bouddha : une quête éperdue de spiritualité

La naissance est souffrance, la mort est souffrance, être séparé de ce que l’on aime est souffrance, ne pas savoir ce que l’on désire est souffrance, les cinq agrégats de l’attachement sont souffrance.

La cause de la souffrance est l’avidité, la recherche de jouissance, la soif des plaisirs des sens, la soif même de la non existence, la négation du lien entre l’acte et ses conséquences. Le renoncement à ses désirs permet de s’en détacher et de s’en libérer.

Accéder au nirvana c’est la compréhension juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, le moyen d’existence juste, l’effort juste, l’attention juste et la concentration juste.

L’esprit Zen, qui prône la concentration sur chaque activité du quotidien (pleine conscience) dans le même état d’esprit qu’en méditation, a profondément influencé la culture japonaise à travers la cérémonie du thé, de l’art floral ikebana, et à travers tout art de vivre dont l’extrême dépouillement exprime l’éveil de l’esprit à sa nature d’origine, le vide.

Le bouddhisme fondé sur des techniques méditatives très complexes, dans lesquelles interviennent des visualisations de déités présentées comme des projection de l’esprit, le bouddhisme tibétain à la particularité de se vouloir une voie de réalisation en un corps et une vie, c’est à dire qu’il offre la possibilité à tous les pratiquants d’atteindre ce qu’il appelle la pleine réalisation spirituelle, au delà du nirvana.

Une religion vide qui représente la négation de Dieu pour les religions monothéistes, une philosophie nihiliste par excellence.

Sa dimension plutôt individuel, non dogmatique, en un sens très moderne, joue un rôle de resocialisation sur le plan religieux. L’absence d’un Dieu créateur, impuissant, en fait aussi une voie philosophique qui permet de réintroduire dans la pensée la question du sens de la vie qui avait été délaissé.

Sagesse grecque

Elle cherche à fonder sur une connaissance plutôt que sur une croyance, sur la raison plutôt que sur les mythes, sur l’observation plutôt que sur le recours à la tradition.

Pour connaitre l’univers, l’homme doit commencer par le plus accessible, c’est a dire se connaitre lui-même, il faut s’étudier soi-même et tout apprendre de soi-même.

Elle se concentre sur l’homme et la morale, affirme la transcendance des valeurs et fonde la sagesse sur un divin envers lequel il affirme sa foi.

Un homme éclairé, un homme qui applique le célèbre « connais-toi toi même », ne peut choisir le mal.

Le bonheur épicurien, un peu à la manière de la philosophie du Bouddha, est l’éloignement de tout ce qui peut être cause de souffrance, à commencer par les désirs et les passions.

Zoroastrisme

Entre le IX et le VII avant notre ère nait le Zoroastre, le prophète du Dieu unique. L’élément fondamental et inédit que Zoroastre met en avant, c’est la notion de liberté de l’individu : chacun, affirme-t-il, peut et choisir entre le bien et le mal, et chacun est pleinement libre dans ce choix qui concerne non seulement la croyance mais aussi l’éthique et la morale dans la vie quotidienne.

Le salut ne peut s’acquérir ni par le pouvoir ni par l’argent : rois et paysans sont égaux devant la mort. Et c’est de son vivant que chacun doit œuvrer pour son salut individuel.

Chacun est libre de choisir entre le bien et le mal.

Judaïsme

Le judaïsme est l’une des plus anciennes traditions religieuses du monothéisme exclusif. Les valeurs et l’histoire du peuple juif sont à la source des deux autres religions abrahamiques, le christianisme et l’islam. Il n’est toutefois pas à la base du zoroastrisme.

Christianisme

Jésus prêche l’amour et la non-violence, ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse à toi-même.

Comme le Bouddha, come le Zoroastre, Jésus renouvelle les enseignements de ceux qui l’ont précédé et met en valeur le principal précepte de la loi, à la fois très simple et très ardu, se résumant dans l’amour de Dieu et dans celui de ton prochain, même les miséreux, les exclus, les ennemis.

L’Islam

Mohamed se veut à la fois chef religieux, politique, juridique et militaire de l’état musulman.

L’islam est une religion abrahamique s’appuyant sur le dogme du monothéisme absolu (l’adoration du Dieu unique sans lui attribuer aucun associé) et prenant sa source dans le Coran, considéré comme le recueil de la parole de Dieu.

Evolutions de la religion

La religion nous a arraché progressivement à la nature.

La domination dont il est question dans la Bible n’est pas éloigné de la conception des philosophes grecs : L’homme est l’être le plus complexe, le plus achevé, et toute la nature est faire pour lui, pour son usage.

Dominer ne signifie pas nécessairement tyranniser, piller ou exploiter.

L’homme contemporain recherche à éprouver le sacré, ce qui est une manière de quitter le mental pour retrouver la nature. Le succès des spiritualités orientales, qui insistent sur le caractère indéterminé du divin (vacuité bouddhiste, Brahman hindou), mais aussi le succès de la kabbale juive et le fort regain d’intérêt pour les mystiques chrétiens (Maitre Eckart ou Jean de la croix) ou musulmans (Ibn Arabi ou Rumi) qui insistent le plus sur le caractère inconnaissable de Dieu, sont autant de signes d’une évolution significative.

La multiplication  des écoles d’oraison destinés au laïcs et le développement des retraites dans les monastères  sont autant de signes de ce besoin, ressenti par de nombreux chrétiens, d’intériorisation du divin. De même constate-t-on dans l’islam un succès des confréries soufies, comme celle en France du Cheick Bentunès qui montre l’attrait pour un accompagnement religieuse.

Ce ne sont pas seulement les convertis ou les proches du bouddhisme qui apprennent à méditer, mais de nombreux juifs ou chrétiens qui cherchent, par cette technique orientale, à apprendre le silence intérieur favorisant l’attention à la présence divine.

Ce qui compte dès lors pour chaque individu, c’est d’identifier sa légende personnelle et de tout faire pour la mettre en œuvre, quels que soit les réticences intérieures ou les obstacles extérieurs. Une fois engagé dans cette quête, qui s’apparente à la recherche d’un trésor caché (une petite pensée pour Jung, ses rêves et l’individualisation), les obstacles s’évanouiront car l’univers conspire pour que chaque être humain puisse réaliser sa légende personnelle.

Que vous soyez religieux ou pas, je vous souhaite de découvrir votre précieux trésor intérieur : méditation, introspection, individualisation, expérience, pleine conscience (une chose à la fois), quitter le mental et retrouver la nature.

 

 

L’amour inconditionnel

Pour grandir, nous avons besoin de donner et recevoir de l’Amour.

C’est quoi l’Amour ? :

C’est être ouvert aux sentiments et aux émotions, être libre de ressentir, accepter ce que je ressens sans jugement, sans honte, sans culpabilité et accorder aux autres la même liberté. C’est être moi-même et laisser les autres être ce qu’ils sont naturellement. C’est donner sans rien attendre en échange, pour le plaisir de donner.

C’est respecter ma place et mon territoire tout en respectant la place et le territoire de l’autre. C’est respecter mon corps, en prendre soin et laisser les autres faire de même.

Le faux amour (J’attends d’être aimé)

  • Je ne respecte ni mes besoins, ni ceux des autres.
  • Je ne prends pas ma place ou je ne laisse pas les autres prendre la leur.
  • Je confonds mon territoire et celui des autres.
  • Je veux changer ce qui me gêne en moi ou en l’autre.
  • Je me contrôle ou je contrôle les autres.
  • Je donne mais, en échange, je veux recevoir.
  • J’attends de la reconnaissance, de l’estime, de l’admiration.

L’amour inconditionnel et réparateur (Je m’aime et je donne mon amour aux autres)

  • Je respecte mes besoins, ma place, mon territoire et ceux des autres.
  • J’accepte que je suis un être humain, donc : ayant des peurs, des désirs, des limites, des blessures, des besoins, des forces et des faiblesses, et j’accepte la même chose dans tous les êtres humains que je rencontre.
  • J’accepte d’entendre, de voir, de sentir ce qui me dérange, ce que je refuse et ce que je ne comprends pas, en moi et en l’autre.
  • J’accueille l’autre dans sa différence, sans jugement et sans comparaison.
  • Je ne donne pas de conseils mais je parle de mes expériences.
  • Je donne pour mon propre bonheur sans rien attendre en retour.

Quelques réflexions sur l’Amour :

• Le chemin de l’amour passe avant tout par l’amour de la nature, des animaux, de la terre, de toute la création sans exception.

Je m’étais trop éloigné de cette nature qui nous apporte tant, quel bonheur de te retrouver.

• Le don et l’amour pour les autres, ce n’est pas dans les mots ni dans les cadeaux, c’est énergétique, cela dépend de notre état de conscience et de notre disponibilité à l’autre.

J’avais cette croyance parentale en moi que l’amour passait par de nombreux cadeaux !

• Le manque d’amour est avant tout un manque d’amour de soi.

• L’amour renforce le SOI, la souffrance non acceptée le détruit.

Le changement est dans l’acceptation de la souffrance, oui, c’est douloureux mais très libérateur.

• C’est le ressenti, la compréhension, l’acceptation et l’amour de toutes nos souffrances qui nous guérit et qui laisse l’amour nous envahir et se répandre autour de nous.

• Le névrosé appellera amour tout ce qui est susceptible de satisfaire ses besoins ou ses désirs.

Je prends conscience de cette phrase, elle est d’une importance capitale.

• L’amour exige sur les enfants une attention non égoïste.

• Le contact physique est indispensable pour l’enfant. Sans lui, l’amour ne peut pas être ressenti.

• Dans les premiers mois de la vie, l’amour est essentiellement le toucher et un contact physique chaleureux. Un bébé non aimé est, en particulier, celui qu’on ne touche pas assez.

• L’amour à l’enfant, c’est aussi lui laisser sa liberté d’expression.

Quel joie de transmettre à mon fils toutes les connaissances dont j’ai manquées dans mon enfance !

Si j’aime une personne et pas une autre, ce n’est pas de l’amour, c’est de l’égoïsme.

Si, après avoir lu ce document, je me force à aimer, ce n’est pas de l’amour, c’est de l’égoïsme. L’amour, c’est sans aucun effort.

Tant que je crois que l’autre doit s’adapter à moi pour faire mon bonheur, je suis dans l’illusion. Quand je pense “je voudrais que mon mari (ou ma femme) change”, je perds une occasion de grandir et je redescends dans l’illusion que l’autre peut faire le travail à ma place.

Je suis juste un guide spirituel, je vaporise un peu d’amour autour de moi.

Quand je comprends le cadeau que la vie me fait en me mettant devant mes responsabilités d’adulte, pour me faire avancer, je découvre alors mon besoin, soit de quitter celle ou celui qui me fait la vie dure, soit d’apprendre à respecter mes besoins, mon territoire, mes limites. Je prends ma place, je quitte la victime en moi, je découvre ma force. C’est l’occasion de vérifier que j’ai tout en moi.

Mon non amour, c’est mon refus de rentrer dans ma souffrance, dans ma peur, mon refus de perdre l’illusion qui me fait croire que l’autre est là pour satisfaire mes désirs. Et il n’y a pas de hasard, si j’ose rentrer dans ma souffrance et dans ma peur, sans colère, sans jugement, alors là, OUI, je suis dans l’amour, dans l’amour de moi, de mon divin intérieur. Je suis dans l’amour de l’autre pour lui offrir ce cadeau qui le fera grandir lui aussi, même si nos chemins se séparent. Je suis dans l’amour de la vie qui m’amène une chance de me faire grandir et de découvrir ma force, ma créativité, ma foi, en moi, en mon divin.

Je découvre que ma vraie force s’appuie sur ma féminité, ma vulnérabilité, ma sensibilité, ma tendresse, c’est beau un homme qui pleure, qui aime avec calme et sérénité.

Si j’accepte ce qui est, je prends la responsabilité de ma vie, je quitte ce petit enfant insatisfait qui est en moi, j’accepte d’être adulte, je laisse chaque être vivant prendre la responsabilité de sa vie et j’accepte que tout être a ce divin en lui. Je comprends ce qu’est l’amour divin et inconditionnel de tous et surtout de moi-même.

Aimer, ce n’est pas intellectuel, c’est un bain de plaisir et de lumière. C’est-à-dire aimer chaque élément de ma vie, chaque personne, chaque chose, chaque sensation physique, chaque émotion, etc.

Seul l’amour inconditionnel aide à guérir mes blessures psychologiques.

L’amour de moi, de l’autre, de mon corps, de son corps, de la nature, de mon histoire, de ma souffrance, de ce que je fais, de ce que je dis, de ce que j’ai fait,  de ce que j’ai dit,  de ce que, je n’ai pas fait, de ce que je n’ai pas dit, de toutes les parties de mon corps, de ma famille, de mes ancêtres, de ma culture, de celle des autres, de la terre, du ciel, de ma vie, de toute vie, de ma mort, de toute mort, de la souffrance, de toute souffrance, de ce que j’ai,  de ce que je n’ai pas, de ce que je peux, de ce que je ne peux pas, de la joie, de la tristesse, de la colère, de la capitulation, du courage, de la lâcheté, de la confiance, de la honte, de la culpabilité, de ce que je donne, de ce que je ne donne pas, de ce que je reçois, de ce que je ne reçoit pas.

Il n’y a pas d’autre chemin que celui de l’amour inconditionnel

 

Les compensations et les comportements compensatoires

Beaucoup de personnes s’arrêtent au milieu de leur chemin d’être humain parce qu’elles s’accrochent à quelque chose, à quelqu’un ou à un comportement. C’est alors que s’installe une compensation qui permet un équilibre précaire et provisoire.

Mais ces illusions momentanées ne nous rassurent qu’à moitié et nous obligent à trouver des responsables extérieurs à nos souffrances, ce qui est source de conflit, de prises de pouvoir et de solitude, dans l’incompréhension de soi et de l’autre. Un chemin authentique nous oblige inévitablement à retraverser nos souffrances non acceptées de notre enfance, dans leur totalité, sans aucune possibilité de les atténuer, ni de les projeter sur quelqu’un d’autre, que cela soit un gourou, Jésus ou un ennemi illusoire que nous nous fabriquons. Nous sommes le seul responsable de toutes nos souffrances intérieures, autant le savoir et l’admettre une bonne fois pour toutes. Cela nous évite beaucoup de chemins faits d’illusions et donc beaucoup de souffrances supplémentaires inutiles.

Nos dépendances servant à compenser nos souffrances :

Á quelque chose : la drogue – la nourriture – l’alcool – le tabac – le chocolat – le café – la télévision – le shopping – la musique – le sport – la voiture – la médecine – la politique – la religion – etc.

Á quelqu’un : sa femme – son mari – son père – sa mère – son enfant ou ses enfants – un médecin – un gourou – un thérapeute – un prêtre – un pasteur – un homme politique – etc.

Á un comportement : tous les T. O. C. (troubles obsessionnels compulsifs) – la dépression – l’agitation – la victimisation – la colère – la violence – l’agressivité verbale – la rigidité – un attachement excessif au bio ou au naturel, à toutes les médecines douces ou allopathiques – etc.

Et tout cela pour ne pas souffrir !

Le but est de reconnaître notre dépendance à qui ou à quoi que ce soit et ensuite d’oser expérimenter la souffrance qu’occasionne le manque de cette dépendance.

Nous devons retraverser cette souffrance ayant une origine dans notre petite enfance. En la retraversant totalement sans la juger, sans la nier, sans chercher à la diminuer, nous nous guérissons totalement et définitivement de cette blessure restée ouverte. Nous allons à la cicatrisation de cette blessure qui existera toujours mais qui n’aura plus besoin de pansements. Nous serons donc totalement libres de cette blessure.

Regardez avec les yeux d’un enfant, merci pour cette belle phrase qui m’a fait prendre conscience de tant de choses en nous.

Pour m’inciter à connaître, comprendre, accepter, utiliser et aimer mon corps : je prends conscience de mon corps dans le regard de l’autre, en le caressant, en le touchant, en en parlant, en le bougeant, en le regardant, en jouant, en dansant, en le massant, en respirant, en le sentant, en le ressentant, en l’écoutant, en le respectant, en l’aimant, en l’offrant, en le remerciant, en l’habitant, comme un enfant qui découvre la vie.

Le Maternage et co-dependance

Oui, à l’amour, à la tendresse, à la disponibilité, à l’espace pour l’autre et non au maternage. Le maternage, c’est vouloir éviter une épreuve, les épreuves naturelles de la vie, à ses proches ou à l’humanité.

La solidarité est souvent du maternage. Nous voudrions, grâce à notre côté “Zorro” ou à notre “mère Térésa” intérieure et avec l’appui de notre seule volonté, sortir le chômeur, le mal traité, le déprimé, le malade, le délinquant, le trompé, le trahi, de son épreuve par un coup de baguette magique venant de l’extérieur, d’une loi.

Chaque fois que nous aidons quelqu’un, sans que de lui-même il soit prêt à le faire, nous lui faisons croire qu’il n’a pas en lui les ressources que nous, nous avons ; et nous l’enfonçons un peu plus dans ses doutes, ses peurs, sa “fausse faiblesse”.

J’ai développé ce côté sauveteur dans mon enfance en prenant en charge affectivement ma mère puis en m’occupant des problèmes de mes parents quand j’étais adulte. Je détectais les personnes qui souffraient et j’avais l’impression d’exister en m’occupant eux, c’était de la co-dépendance. Désormais, je guide spirituellement les personnes en favorisant leur autonomie, je sème quelques petites graines pour qu’ils trouvent leurs propres chemin de vie.

Nous le préparons pour d’autres épreuves encore plus difficiles. Cela n’empêche pas bien sûr d’offrir notre soutien, notre amour, notre tendresse et surtout notre disponibilité, notre écoute, à condition d’en être capables nous-mêmes, c’est-à-dire de ne pas être en difficulté affective.

La seule possibilité, c’est de donner à l’autre de l’espace, un territoire ; où il pourra, tout seul, gravir un à un les échelons pour retrouver son autonomie, ainsi que la réussite de sa vie affective et matérielle.

Notre tâche à nous, si nous ne sommes pas trop blessés nous-mêmes, c’est la patience, le non jugement, la tendresse et l’encouragement, mais surtout ne pas faire à la place de l’autre.

La vie est une suite d’épreuves à effectuer, sûrement pas à éviter, à refuser ou à nier.

Toutes nos assurances maladies ou autres, dont nous sommes très friands, surtout en France, sont des utopies pour nous amener vers une sécurité qui n’existe pas.

Notre seule sécurité est intérieure, c’est de savoir que, physiquement, nous sommes nés et nous mourrons. Le monde, l’univers, lui, continue, et avec lui nous existions avant notre naissance et avec lui nous existerons après notre mort.

Notre chemin, c’est de vivre notre vie dans la joie, le bonheur ; c’est-à-dire d’accepter tout ce qui se passe dans notre vie; en ne le comparant surtout pas (notre chemin) avec celui d’un autre. Nous avons toujours les épreuves que nous sommes capables d’assumer.

 

Le rôle du père

Le père montre la différence pour que la mère puisse mettre la distance. Le père a un rôle essentiel dans le développement de l’enfant. Il met un cadre, des règles pour que la famille puisse vivre dans l’harmonie, la paix et le respect de chacun, de son territoire, de sa place.

Je vous invite à regarder de plus près avec compassion l’histoire de certaines célébrités comme : Marylin Monroe, Dalida, Amy Winehouse. Dans le film documentaire, Amy parle d’une de ses chansons où elle exprimait son regret que son père et son homme ne lui aient pas dit NON, j’ai alors compris bien des comportements dans ma vie d’enfance et ma vie amoureuse.

Le père apprend la liberté, la solitude, l’exigence. Il demande à l’enfant d’évoluer, de grandir, donc de passer du monde sécurisant au monde des épreuves. Le père est le guide, le tuteur de l’enfant.

Le manque du père absent physiquement ou absent de son rôle de père (pour nous aider à nous séparer de notre mère) amène les conséquences suivantes :

Pour le garçon :

  • Virilité fragile.
  • Peur de la relation intime avec une femme, peur d’aimer.
  • Non identification au père ; ne connaît pas le rôle de père.

Pour la fille :

  • Jamais aucun homme ne voudra de moi !
  • Dévalorisation de la féminité.
  • Idéalisation de l’homme.
  • Femme amazone ou séductrice.
  • Inhibition de la créativité et de la sexualité.

Pour les deux :

Non affirmation de soi ou affirmation excessive, agressive ou manipulatrice.

La peur du père :

Que l’on soit fille ou garçon, l’éducation dans notre culture et bien d’autres nous a souvent amenés à craindre notre père. Beaucoup de mamans utilisent souvent l’argument : “Tu vas voir ton père quand il va rentrer !”. Je ne parle pas ici de la brutalité et des colères que beaucoup ont subies. Que la crainte du père soit fondée ou non, les conséquences sont désastreuses. La vraie autorité ne s’appuie pas sur la peur, mais sur la tendresse.

Sinon, toute notre vie devient construite autour de la peur du père ou de tout ce qui représente une autorité : l’administration en général, la police, notre patron (homme ou femme), nos enseignants, la justice, les impôts, les prêtres et tout rapport de domination dans le couple.

Je prends conscience maintenant de la peur de mon père et de toutes les conséquences.

Le sens spirituel du rôle du père et de la mère :

Au début, le petit être, constitué d’une cellule de maman et d’une cellule de papa, d’un commun accord, est confié à maman ; pour que, dans son ventre au chaud, plein d’amour, de tendresse, de nourriture, de protection, il prenne forme. Puis après, en dehors du ventre de maman, cette présence, cette chaleur, cette nourriture, cette protection maternelle continuent et ensuite, progressivement, vient le rôle du père. Il va prendre le relais et amener l’enfant, qu’il soit fille ou garçon, par la connaissance, le jeu et l’épreuve, à s’armer pour sa vie d’adulte. Il le guide afin qu’il trouve sa force, sa créativité et son autonomie.

Mais tout cela est comme le Yin et le Yang (la partie féminine et la partie masculine dans chaque être humain). Il y a toujours un petit peu de Yang dans le Yin et un petit peu de Yin dans le Yang.

Par conséquent, dans le ventre de sa maman, l’enfant a besoin de sentir la présence de son père, là, comme témoin, en attente de son rôle, accompagnant avec tendresse la maman dans son travail. Puis, quand vient le tour du rôle de papa, la maman reste toujours là mais, elle aussi, surtout comme témoin, comme refuge, en lui parlant de ses ressentis, ses expériences à elle et en laissant en toute confiance le père faire son travail de père, c’est-à-dire couper le cordon, la séparer définitivement de son enfant et retrouver plus tard leur quiétude de couple, seuls, sans enfant, en savourant le bonheur du travail accompli, de la mission qui leur a été confiée par Dieu, par l’univers, rien de moins, rien de plus.

Cela n’empêche pas, bien sûr, de conserver avec ses enfants des relations amicales, mais où le lien affectif, la dépendance, la soumission et la domination ont disparus.

Ce qui est terrible, c’est la mère qui veut garder le contrôle sur son fils ou sa fille, et le père qui veut adapter le monde suivant les désirs de sa propre mère ou de sa propre culture.

Le NON du père

C’est ce NON qui donne la limite à mon pouvoir, c’est grâce à ce NON que je peux véritablement me construire en accord avec mon chemin de vie, ma mission de vie.

Sinon je reste dans l’illusion du petit enfant qui veut tout, qui peut tout, autrement dit, je me prends pour Dieu. Et comme la vie me ramène à la réalité, à ma réalité que je refuse, alors je souffre terriblement ou, autre solution, je me coupe intérieurement, je rentre dans une indifférence artificielle pour ne pas souffrir.

Ce NON du père me permet de me positionner face à l’autorité, à accepter mais aussi à refuser, à me battre pour ce que je crois indispensable. Le NON du père me permet de sortir l’utopie de mon corps. Mes illusions infantiles s’écroulent, ce n’est plus moi qui doit changer le monde, c’est Dieu. Moi je ne fais plus qu’à mon niveau, que dans ma mission de vie, ce qui est à ma portée, dans le bonheur, le courage et la paix. Je laisse à Dieu, le père, le soin de structurer l’évolution du monde et j’ai confiance en ce père céleste.

Voilà la grande utilité du NON du père, dans la mesure où l’amour et la justesse le guide, ce qui est rarement le cas. C’est souvent un NON culturel, appris et non guidé par la source, par la vérité profonde, que seul un homme masculin, complètement libre de toute influence féminine ou culturelle, peut ressentir et laisser sortir par sa bouche.

Dire non, c’est se respecter et se faire respecter.