Adultisme

Paulette et Hervé KOPYTO
Paulette et Hervé KOPYTO

Boris Cyrulnik qualifie l’adultisme de « mécanisme de défense » et de « stratégie relationnelle coûteuse ». Il ajoute encore que ça consiste pour l’enfant à « apprendre le déplaisir de vivre par responsabilité précoce ».

Origines

Elles sont en général parentales voire transgénérationnelles. L’enfant sort trop tôt de l’insouciance de l’enfance et apprend dès lors à prendre en charge et à protéger son ou ses parents suite à :

•    une défaillance (maladie, dépression, irresponsabilité) ou
•    une démission parentale (absence, abandon, absence de cadre ou règles changeantes).

Selon Boris Cyrulnik, l’enfant n’a que 3 choix face à des parents qui n’assument pas leur rôle :

•    s’effondrer
•    fuir et investir d’autres personnes au prix d’une culpabilité
•    devenir adultisé pour survivre (forme de résilience), pour éviter d’être abandonné, ignoré

Comportement de l’enfant adultisé

L’enfant apprend très vite à s’assumer (au-delà de son âge) et à prendre en charge l’autre (fratrie, parent). Il se construit sans modèle fiable. Il se sent même responsable des malheurs de l’adulte et peut se sentir coupable de ne pas arriver à le soulager suffisamment.
Il apprend vite la maîtrise, voire l’hyper contrôle de soi. Ainsi, il masque ses sentiments, s’intériorise, cache le problème de la famille aux yeux extérieurs, perd l’accès à son imaginaire et au jeu. La réalité prime sur le plaisir. Souvent hyper-intelligent, l’enfant met l’adulte mal à l’aise. Par ailleurs, l’enfant souffre d’une dévalorisation permanente car son « sacrifice » n’est pas reconnu.

Conséquences à terme chez l’adulte (ancien enfant adultisé)

Les conséquences sont nombreuses et interconnectées :

•    manque de confiance en soi et en les autres avec  évitement des conflits et difficulté à demander de l’aide
•    problématique de place, de rôle (suite à l’inversion des rôles vécue dans l’enfance)
•    quête de reconnaissance : ce qui l’amène souvent à trop donner, à vouloir sauver l’autre, à se conformer socialement (en se dénaturant)
•    problématique liée au plaisir : difficile de s’accorder du temps, du repos, des cadeaux, de satisfaire ses besoins ou envies (souvent méconnus), etc… Ces adultes fonctionnent exclusivement par devoir et sont souvent coupés de leur ressenti.
•    problème d’identité : par identification au parent défaillant (effondrement narcissique) qui propose une image dévalorisante et honteuse
•    dépendance affective qui se manifeste soit par une tendance à la relation fusionnelle et exclusive (rêve d’être pris en charge), soit par la fuite ou l’évitement pour maîtriser la distance relationnelle.
•    pseudo maturité : image sérieuse mais maturité affective figée à l’époque de la prise en charge du parent. De ce fait, a plutôt tendance a être à l’aise avec des personnes plus âgées que lui. En fait, la juste maturité vient avec l’enseignement tiré des erreurs.
•    besoin de contrôle et de maîtrise pour masquer un vide intérieur.

 

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