Tous les articles par Hervé KOPYTO

En quête de sens

En quête de sens
En quête de sens

 En quête de sens » est un projet documentaire qui est né d’un constat partagé par un nombre croissant de citoyens : notre société occidentale est malade, prisonnière d’une logique qui engendre plus de destructions, d’injustices et de frustrations que d’équilibre et de bien être. L’impératif de rentabilité économique à court terme prend aujourd’hui le pas sur l’intérêt général en dépit du bon sens. La logique prédatrice qui s’impose comme la norme, assombrit notre avenir commun.

Pour sortir de cette impasse ce n’est pas de plus de savoir, de plus de technologie, ou de croissance dont les hommes ont besoin, mais de plus de recul, de bon sens, en un mot : de plus de sagesse.

Tissé autour de rencontres improbables, de doutes et de joies, ce film apporte un message d’espoir à ceux qui se sentent impuissants devant leur poste de télévision.
Le changement est en marche de par le monde. Il s’agit d’un changement de conscience, motivé par la nécessité et l’envie de vivre en harmonie avec soi-même, les autres et l’environnement.

http://enquetedesens-lefilm.com

L’enfant intérieur blessé

Notre voyage commence en explorant la conscience de notre enfant intérieur. C’est la base de la guérison, de rentrer chez soi. Notre innocence enfantine – notre confiance et notre spontanéité – avec laquelle nous sommes tous nés, a été occultée à cause des traumas que nous entretenons. Maintenant, ce que nous trouvons quand nous entrons dans notre vulnérabilité, c’est un noyau de peur – un monde de peurs profondes, de panique et même de terreur. Nous avons appris depuis tout petit à trouver des moyens pour compenser ces peurs profondes bien installées, afin de survivre, mais cela ne veut pas dire que ces peurs ont disparu. Au contraire, elles se sont installées plus profondément dans notre inconscient.

Notre enfant intérieur blessé a un mental qui a son propre fonctionnement et qui est complètement indépendant de celui de l’adulte qui compense. Il ou elle vit dans son propre monde, un monde basé sur les expériences et les souvenirs de ce passé lointain. Il ou elle est encore intensément vivant et influence très fortement le présent. Dans mon cas, pendant la plus grande partie de ma vie, il s’est manifesté inconsciemment, mais très puissamment. Je suis maintenant plus conscient de ce qu’il ressent, de pourquoi il fait ce qu’il fait, et de comment il fonctionne. Explorons le monde de cet enfant blessé.

Au fond de la conscience de l’enfant blessé se trouve la peur – une peur non reconnue, et pas acceptée. La peur elle-même n’est pas le problème. C’est notre manque de conscience et d’acceptation de cette peur qui crée les difficultés. On sabote notre créativité, notre estime de nous-même, et nos relations, parce que, caché dans notre inconscient, se trouve un enfant qui a perdu sa confiance en lui ou en elle, et dans les autres. Un enfant qui a profondément peur et qui a toujours souffert d’être privé d’amour. Cet enfant réagit à partir de cette peur, de cette privation, de ce manque d’amour, par de nombreux comportements différents, et inconscients. L’agitation, la précipitation avec laquelle la plupart d’entre nous mangeons, parlons, agissons et nous maintenons occupés, sont quelques-unes des attitudes que montre l’enfant paniqué.

Cela m’a demandé beaucoup de travail avant que l’enfant commence à ressentir, et à regarder avec ses propres yeux. J’ai dû affronter des montagnes de dénis et de protections. Quand j’ai finalement réussi, j’ai pu voir pourquoi j’avais caché tout cela derrière tellement de dénis. J’ai découvert un enfant paniqué, portant tellement de peur, que parfois je me demande comment j’y ai survécu.

Comment chacun de nous y survit. Mais je vois que je ne suis pas seul à avoir cette sorte de peur. Notre enfant intérieur blessé ne connaît aucune méditation, et n’a aucune distance par rapport à ses peurs. C’est juste que nous avons recouvert ces peurs par un système de protection inconscient qui a duré toute notre vie. Notre comportement, fait de dépendances, n’est rien d’autre qu’un effort pour tenir à distance la peur terrible que nous gardons à l’intérieur de nous, et ne rien ressentir.

Pendant des années et des années, j’ai masqué mes peurs et ma vulnérabilité par des compensations. J’étais engagé dans une course à la performance, essayant d’être le meilleur dans tout ce que je faisais ! Maintenant je peux voir que l’enfant intérieur paniqué revenait à la surface durant ces moments de stress et de pression.

Il réapparaissait quand je pensais que j’allais être en retard quelque part, quand j’avais peur de faire quelque chose de mal ou quand j’étais sous pression pour essayer de ‘bien’ faire. Naturellement, je pensais toujours que je n’avais rien à voir avec le fait d’être paniqué, que je n’avais aucune idée d’où cette panique pouvait venir, et j’essayais de réprimer mes peurs autant que je le pouvais (avec peu de succès). La peur n’était pas quelque chose dont on tenait compte dans les cercles que je fréquentais.

Qu’est-ce que la peur ?

Je peux voir maintenant que ces sortes de situations étaient juste le sommet de l’iceberg. Notre peur va beaucoup plus profond. Elle est intense. Nous avons des peurs profondes concernant notre survie – gagner assez d’argent, être capable d’être indépendant. Nous avons des peurs concernant un éventuel dysfonctionnement sexuel, être insuffisant, impuissant. Nous avons des peurs profondes d’être mal aimé, des peurs d’être rejeté, indésirable. Nous avons peur qu’on nous manque de respect, d’être injurié, ignoré, ridiculisé. Nous avons peur d’affronter quelqu’un, peur de ne pas savoir qui nous sommes. Nous avons des peurs concernant le fait de ne pas être capable de nous exprimer, d’être insignifiant… À un niveau, plus profond, il y a toujours les peurs du vide et de la mort qui sont probablement à la base de toutes les autres peurs.

Les peurs de notre être, et les peurs de notre enfant intérieur sont différentes. Les peurs de notre être concernent la mort et la dissolution, les peurs de notre enfant intérieur concernent plus notre participation à la vie de tous les jours. Nous travaillons sur les quatre peurs basiques de l’enfant intérieur, toutes ayant leur origine d’une façon ou d’une autre dans le trauma de nos premières années.

Les quatre grosses peurs de l’enfant intérieur blessé :

1. les peurs de pressions, et d’attentes,
2. les peurs de rejet et d’abandon,
3. les peurs de ne pas avoir son espace, d’être incompris ou ignoré,
4. les peurs de maltraitance physique ou énergétique, ou de violation.

J’ai découvert que lorsque j’explore la peur cachée derrière ma capacité d’ouverture et de confiance, j’en trouve toujours une de ces quatre.

Elles se manifestent dans tous les domaines de notre vie, notre sexualité, notre créativité, notre affirmation de soi, notre capacité à ressentir, et dans notre façon d’être en relation avec les partenaires amoureux, avec les amis, les relations diverses et les personnes détenant l’autorité. Mais au lieu de s’y arrêter et de les ressentir, nous avons l’habitude de nous en éloigner par tous les moyens. À bien des égards, beaucoup de façons de vivre des Occidentaux ne sont qu’une énorme compensation contre l’éventualité de ressentir cette peur. Nous évitons de nous occuper de la mort en nous entourant de tellement de sécurités et de luxe, que l’on n’a pas à ressentir notre vulnérabilité face à l’imprévu.

C’est dans notre culture, cela nous est transmis par nos parents, nos professeurs, nos leaders religieux, nos politiciens, toute personne que l’on admire.

Si on avait été élevé dans une atmosphère de grande confiance dans la vie, il est très probable que l’on n’aurait pas un tel enfant paniqué à l’intérieur de nous.

Je peux imaginer que si j’avais été élevé dans un environnement profondément spirituel et harmonieux où tout mon conditionnement aurait été nourri par une profonde connexion à l’existence et à la terre, j’aurais appris à ne pas avoir autant de peurs. Mais ce n’est pas ce que j’ai eu, et dans ce domaine, pas ce que la plupart d’entre nous ont connu.

Si nous voulons guérir, nous devons affronter nos peurs – toutes. Et la meilleure chose à faire est de commencer avec les peurs de l’enfant blessé.

Nos peurs sont cachées par le déni.

Pour affronter nos peurs nous devons les reconnaître ; nous devons admettre qu’elles sont bien là et regarder d’où elles viennent. Dans notre conditionnement il n’y a aucune place pour la peur – on nous a enseigné de cacher nos peurs. Notre culture ne nous encourage pas à être honnête en ce qui concerne nos peurs, pas plus qu’elle ne réalise combien la peur nous a été inculquée. De toute façon comment pourrait-on exprimer ce avec quoi on n’est même pas en contact ? On l’élimine par des mesures de protection, le déni et l’inconscience, cachant notre vulnérabilité sous un masque, car c’est ce dont on a besoin pour survivre. D’une façon ou d’une autre, on s’arrange, en prétendant que tout va bien. On apprend à se débrouiller. On reste hypnotisé par notre ‘débrouillardise’ sur ce sujet, sans reconnaître combien de peur on cache à l’intérieur de nous. Tant que nous sommes dans cette hypnose, on se trompe soi-même en croyant que c’est moins douloureux de nier la peur que de lui permettre de faire surface.

Notre peur nous entraîne dans de plus en plus d’isolement, et habituellement on ne le sait même pas. On s’isole parce que l’enfant intérieur vit dans la peur. Puisque nous sommes si souvent déconnectés de cet enfant effrayé, nous nous réfugions dans un mode de survie, où il y a peu ou pas du tout de relation intime.

Ce sont seulement ceux qui ont commencé à explorer leurs ressentis, et à faire un travail intérieur, qui découvrent qu’ils ont des peurs plus profondes bien cachées, à l’intérieur d’eux. En général, ce ne fut pas avant qu’on se sépare d’une personne que l’on a pu commencer à se connecter avec l’immensité de nos peurs intérieures.

Notre peur et notre vulnérabilité se tiennent juste sous la surface de notre mental conscient, toujours prêtes à se réveiller. Elles peuvent faire surface lorsqu’on s’autorise à devenir proche de quelqu’un, quand on doit prendre un risque, faire preuve de créativité, ou quand on prend le risque de s’exposer personnellement. Elles se montrent quand on fait quelque chose qui nous sort de la routine habituelle, qui nous sort de ce qui est sans danger, du connu. L’intimité est peut-être la plus fréquente occasion que nous avons d’affronter notre enfant paniqué et c’est pourquoi nous l’évitons.

Si nous vivons dans un cocon protecteur, ne libérant jamais notre énergie, ne prenant jamais de risques en terrain inconnu, inexploré, nous n’aurons jamais à affronter la terrible peur qui se tient cachée en nous. Mais alors nous sombrerons dans l’ennui, la frustration et la dépression. Cela demande une certaine clarté et de s’engager, pour sortir du déni, pour arrêter les addictions et ré-expérimenter cet espace.

D’où viennent les peurs ?

Quelques soient les traumatismes émotionnels, physiques, sexuels dont nous avons soufferts après cela, ils ne font que s’ajouter au trauma originel de la naissance. La carence affective et les mauvais traitements que nous expérimentons pendant notre enfance – le manque d’approbation, d’attention, d’amour, de respect et de soins, dont nous avons fait l’expérience d’une façon ou d’une autre – est clairement une autre source majeure de notre panique. Maintenant notre enfant intérieur s’attend toujours – en fait redoute – encore davantage de mauvais traitements, et d’abandons.

Nous avons un profond besoin d’être reconnu et que notre survie soit garantie, mais ces besoins n’ont pas été satisfaits et nous avons perdu confiance. Notre besoin d’amour, de protection, d’acceptation, de reconnaissance et d’approbation – qu’on nous donne des références et des directions – et les besoins de tendresse et d’amour inconditionnel, n’ont pas été satisfaits. Notre enfant intérieur blessé a eu peur de ne pas recevoir ce dont il avait absolument besoin. Les chocs subis par notre innocence et notre confiance se sont produits tellement tôt qu’il y a une peur basique que nous n’y survivions pas.

Malheureusement, en tant qu’enfant, on n’était pas en position de conclure : « Bien, je peux voir que maman et papa ont un réel problème dans ce domaine. Ils ne peuvent même pas s’entendre entre eux, et ils ne semblent pas être très intéressés par moi. Et d’abord ils n’auraient pas dû m’avoir. C’est évident que je n’obtiendrai pas ce dont j’ai besoin, ici, aussi je pense que ce que je devrais faire c’est tirer ma révérence et trouver une situation meilleure. » Plus que probablement, n’importe où ailleurs, ç’aurait été pareil ou pire !

Avec la base de carence affective que la plupart d’entre nous avons, entrer dans notre vulnérabilité maintenant peut entraîner une grande confusion, de la panique, de la peur, du jugement contre soi, un effondrement, et parfois une terreur totale. Pourquoi ? Parce que notre vulnérabilité et notre innocence ont été trahies.

Maintenant que j’ai acquis plus de compréhension au sujet de mon extrême vulnérabilité, qui a toujours été enfouie sous des tas d’efforts, je peux apprécier de mieux en mieux les raisons de ma panique. Je peux voir que la peur de l’échec, de la désapprobation, de ne pas remplir les attentes placées en moi par ma famille et ma culture, faisaient remonter de profondes peurs d’être abandonné ; et pour mon enfant intérieur de telles peurs ont dû être dévastatrices. La partie de moi la plus consciente ne s’investit plus dans la recherche permanente du succès qui fait partie de mon conditionnement et reconnaît que lorsqu’un partenaire me quitte ou menace de le faire, je peux rester serein. Mais mon enfant intérieur ne sait rien de tout cela. Il démarre toujours au quart de tour et est très impatient.

Et bien au-delà de toutes ces raisons psychologiques de notre panique se trouve la raison la plus simple et la plus puissante de toutes – la réalisation que nous allons mourir.
On est toujours face à l’insécurité, l’incertitude, et finalement à la mort qui est entre les mains de forces qui sont bien au-delà de ce que l’on peut contrôler. Peu importe le montant de nos assurances et nos systèmes de protection, rien ne peut nous protéger de cette peur. Et en profondeur, nous le savons. Sans une base d’acceptation et de méditation, tout ce que nous avons c’est de la peur, recouverte par des compensations. Du point de vue de l’enfant, vulnérabilité égale panique – la panique d’être abandonné et d’être détruit. C’est seulement le méditant intérieur qui est assez vaste et assez confiant pour tenir le coup face à la vulnérabilité, à l’insécurité et à l’imprévisibilité, parce que la méditation apporte de la compréhension et de la distance. Notre enfant, à l’intérieur, n’a pas ces qualités. On doit apporter ces qualités pour guérir l’enfant paniqué. On peut alors transformer cette vulnérabilité : de la panique aller vers l’acceptation. Mais d’abord, on doit commencer par reconnaître cette partie profondément anxieuse qui vit à l’intérieur de nous.

Le premier pas consiste à accepter la peur

La première guérison essentielle de notre co-dépendance et de notre enfant blessé vient quand nous pouvons reconnaître, accepter et donner de l’espace à cette panique. Habituellement nous ne faisons pas cela. Nous nous enfuyons de notre sentiment de peur :

1. En prétendant qu’il n’existe pas
2. En le repoussant par des compensations
3. En étant une victime, en devenant impatient, en colère contre l’existence ou contre toute personne proche de nous, pour avoir à ressentir cette peur et cette panique
4. En remettant à plus tard
5. En jugeant
6. En régressant inconsciemment et en essayant de trouver quelqu’un d’autre pour prendre soin de notre enfant paniqué.

Cela me demande encore beaucoup de courage pour permettre à ces sentiments de se manifester. Il y a une telle peur que je ne puisse pas y faire face, que je ne sois plus capable de gérer la situation, que je sois jugé faible et impuissant ou que la peur n’ait jamais de fin.

Quand elle arrive, même après tellement de temps consacré au travail sur l’enfant intérieur, mon mental rationnel ne comprend toujours pas pourquoi elle doit encore être là et il voudrait la voir disparaître ! J’ai peur de la ressentir, et peur de la partager. Je la juge encore, et je me condamne d’avoir de tels ressentis. Heureusement mon soi profond sait qu’il y a beaucoup plus à gagner en permettant à ces peurs d’être là, afin que tout ce processus continue à m’emmener dans ma profondeur et m’apporte un silence intérieur plus intense.

Il y a toujours une inquiétude, que si l’on admet l’existence de ces peurs elles nous dépassent et qu’elles dirigent notre vie. C’est pourquoi je m’échappe d’elles. Mais j’ai découvert qu’en entrant en elles, cela me rendait plus fort, et que j’acquérais davantage de respect de moi. Pour leur faire face, nous devons boucher les fuites – les façons que l’on a de s’enfuir. Certaines des plus grosse fuites viennent de nos stratégies et de nos attentes.

Aimer c’est comprendre

Aimer est cette tension vers les autres, mais aussi vers le monde, vers l’inconnu… pour les appréhender, pour savoir qui ils sont, pour ne pas en avoir peur… pour pouvoir se situer par rapport à eux ; et donc pour pouvoir établir son identité.

Les appréhender, mais en me méfiant de mon propre regard, de mon propre point de vue, pour ne pas les projeter sur eux, et finalement ne voir en eux, que ce que j’y aurais projeté de moi…

La question fondamentale est d’arriver à percevoir le réel de l’autre, sans le confondre avec le sien, alors que l’instrument de cette perception est le réel de soi.

Depuis quelques mois, je développe ainsi des capacités qui, dans ce domaine et comparées à la normalité, sont extraordinaires. Par exemple, il m’arrive couramment de connaître des gens à un point tel, que je les lis comme un livre ouvert; je les connais beaucoup mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes parce que le plus souvent, ils ne supportent pas de connaître leur propre vérité.

Comment ?

Méditation, lecture et vivre l’expérience de l’instant présent.

Hier mon fils se met à pleurer quand sa maman lui dit de se laver les cheveux, je commence alors à discuter avec mon fils. Dans un premier temps, il ne comprend pas sa réaction. Nous analysons ensemble ses émotions, je le rassure que c’est normal d’éprouver des émotions. Il vient alors à me dire qu’il aurait préféré faire autre chose que de se laver les cheveux, il avait donc peur de dire non à sa maman. Je lui ai expliqué qu’il pouvait dire non à ses parents en argumentant sa réponse. A cet instant de sa vie, il pensait que c’était mal de dire non à ses parents et que ça leurs faisait de la peine. Les émotions sont des outils pour mieux nous connaitre et agir en étant soi-même.

Quel bonheur !

Je vous pardonne mes parents de ne pas m’avoir enseigné ses compétences, je les apprends et les enseigne à mon fils pour qu’il développe son intelligence émotionnelle.

 

Idéaliser l’amour

Idéaliser l'amour
Idéaliser l’amour

Idéaliser l’amour serait une vision qui nuirait au couple, selon les résultats d’une étude publiée dans la revue médicale the Journal of Experimental Social Psychology.

Les personnes qui croient à l’amour fusionnel ont plus de difficultés à faire perdurer leur couple que ceux qui ont une vision moins romantique de la vie à deux.

En effet, les chercheurs de l’Université de Toronto et de Californie du Sud ont analysé les ressentis de plusieurs volontaires installés dans une relation à long terme pour comprendre l’impact de la vision amoureuse et l’avenir du couple. Ils ont soumis les participants à des questionnaires précis sur leur vision de l’amour, leur bien-être et l’avenir de leur couple.

L’amour fusionnel n’est pas bon pour le couple

Couple fusionnel ou couple complémentaire…. Les différentes interprétations de la relation amoureuse jouent un rôle déterminant pour la satisfaction des individus formant le couple.

Les résultats de l’étude révèlent qu’imaginer l’autre comme un alter ego, comme sa moitié ou son âme sœur empêche de savoir gérer les conflits du couple, car ils semblent improbables et génèrent finalement des frustrations et une certaine tristesse. Les conflits ne sont pas compris comme des expériences positives et constructives pour le couple mais comme un affront à la fusion.

En effet l’amour fusionnel est issu de l’inconscient, il est issu de l’image parentale et de l’inconscient collectif. Quand vous fusionnez, vous êtes moins conscient et donc moins lucide, vous fonctionnez comme un robot selon votre histoire, les conflits sont plus difficiles à gérer mais que la fusion est agréable et douloureuse.

« Penser que vous et votre partenaire êtes faits pour l’autre peut nuire à votre relation », affirment les chercheurs. En revanche, penser que l’amour est un long voyage et que le couple se construit rend les gens plus sereins et la relation plus durable.

Les risques du « trop beau »

En enjolivant le réel, l’idéalisation nous sauve de la banalité. Mais elle nous expose aussi à la déception, la frustration, voire la dépression. Jusqu’où ne pas idéaliser « trop » ? Le point à travers trois domaines sur lesquels nous misons beaucoup.

«Si nous n’étions pas capables de surestimer notre métier, notre partenaire, notre progéniture, alors tout ce qui fait notre vie serait interchangeable et sans saveur. Il n’y aurait pas d’amour, pas de passion ! ».

Il faut distinguer « l’idéalisation saine, motivée par le désir, de l’idéalisation pathologique, motivée par le besoin vital ».

Explication : il est bien normal et plutôt réjouissant de trouver plus de qualités qu’il en a vraiment à l’homme que nous aimons, de valoriser nos amis, nos centres d’intérêt. L’idéalisation saine se porte ainsi vers plusieurs personnes, plusieurs domaines. Et si l’un déçoit, nous souffrons, nous avons des deuils à faire, mais nous cicatrisons. « Ce qui est plus problématique, c’est d’idéaliser excessivement un objet qui nous sert de prothèse narcissique : sans lui, nous ne nous sentons pas exister. Il doit nous prouver notre valeur, nous réparer, apporter un remède à tous nos maux. Qu’il se dérobe à cette mission, et notre identité s’en trouve pulvérisée. »

L’idéalisation pathologique est une tendance chez ceux qui ont été carencés affectivement dans leur petite enfance. Leur idéal – engagement politique, plastique parfaite… –, doit les combler comme ils ne l’ont jamais été. Une demande impossible à satisfaire, puisqu’elle s’adresse aux figures nourricières qui ont fait défaut. Dans des proportions variables, il nous arrive à tous de mettre la barre un peu trop haut. Ou au mauvais endroit. Et lorsque nos espérances déçues nous font souffrir, il n’est qu’une seule issue : réviser ses attentes. Les domaines de notre vie qui demandent le plus de vigilance : notre travail, notre couple et nos enfants. Normal… c’est souvent là que nous avons mis tous nos rêves.

Le travail idéal : l’envisager comme un horizon, pas comme une nécessité immédiate

Aux sources de l’idéalisation Le travail représente toujours plus qu’un simple gagne-pain. Nous en attendons un épanouissement personnel, sans toujours savoir quel métier nous procurera ce plaisir. Chaque époque véhicule sa représentation du travail idéal : golden boy, chanteur, médecin humanitaire…

« De près ou de loin, il est toujours question d’argent, de pouvoir ou de visibilité médiatique». A ces critères, valorisés par le corps social, s’ajoutent ceux que nous transmet notre famille. « Dans certaines lignées, on est ingénieur de père en fils. Choisir un autre métier, c’est un peu renier les siens. Mais même lorsqu’on a le sentiment d’avoir pu choisir sa voie, on s’aperçoit souvent en grattant qu’il s’agit de la vocation contrariée d’un parent ou d’un grand-parent. »

Quand elle nous fait souffrir Que nous soyons le réceptacle des idéaux de notre milieu, c’est inévitable. Ce dont il faut se méfier, « c’est d’une idéalisation du travail qui serait une manière de se voiler la face sur d’autres enjeux. Par exemple, pour ne pas décevoir ses parents, on se persuade d’aimer une activité qui manifestement ne nous convient pas. Ou alors, on se dévoue entièrement à sa tâche pour ne pas se confronter à une vie affective qui déçoit. L’équilibre d’une vie, c’est aimer bien et travailler bien . A lui seul, le travail ne peut suffire à notre bonheur. Et l’on souffre immanquablement d’en attendre trop de gratifications.

Réviser ses attentes Pas question pour autant de se contenter de peu. L’idée est plutôt de redéfinir son idéal. A chacun de trouver, pour lui-même, ce qui définit un emploi réellement satisfaisant : travailler avec ses mains plutôt qu’avec sa tête, avoir de la liberté plutôt que du pouvoir… « A partir de là, la meilleure façon de composer avec son idéal, c’est de le concevoir non pas comme une exigence pour maintenant, mais comme un horizon dont on essaiera sa vie durant de s’approcher. »

Le partenaire idéal : en faire un compagnon plutôt qu’une créature mythologique

Aux sources de l’idéalisation Ah, l’amour ! La passion, le prince charmant… S’il est un domaine où l’idéalisation bat son plein, c’est bien celui-là. Au tout début de notre vie amoureuse, « nous fonctionnons en général avec des représentations de l’homme (ou de la femme) idéal et de la relation calquées sur le couple parental ». Plus tard, après quelques échecs, « nous prenons le meilleur de chacune de nos histoires pour constituer une image de perfection inatteignable ». Plus surprenant, l’idéalisation de leur couple peut offrir un moyen, pour les partenaires, de ne pas se remettre en question : « Puisqu’il est de plus en plus admis aujourd’hui que la relation amoureuse est difficile, qu’il faut y travailler, alors on se réfugie dans l’amour symbiotique : si tout va merveilleusement bien, il n’y a rien à travailler… »

Quand elle nous fait souffrir Figé dans la belle image qu’il redoute d’abîmer, le couple symbiotique finit par étouffer de ne pas évoluer. Pendant ce temps-là, parce que notre partenaire réel n’est pas cette créature hybride recomposée à partir de notre panthéon personnel, nous lui reprochons de n’être que lui-même. « Mais ces reproches sont généralement reportés sur des broutilles, quelque chose qu’il a mal fait. Dans d’autres couples, on se trouve un bouc émissaire : si rien ne va, c’est à cause de son travail. »

Réviser ses attentes Ici encore, l’issue est de remplacer son idéal par un autre. Et plus précisément, de remplacer une idéalisation qui étouffe par une idéalisation qui, au contraire, magnifie la relation.

Le moi, ou plutôt l’idéal du moi se construit par rapport à un modèle auquel on va tâcher de se conformer. En général ce sont aux parents ou instances parentales qu’on veut ressembler et imiter car ce sont nos premiers objets d’amour. Un enfant cherche à s’identifier et à idéaliser ses parents mais aussi les personnes de son entourage. Ceci s’explique par ses besoins physiologiques et psychologiques qui dépendent de ces personnes idéalisées.

Cette idéalisation est nécessaire à l’élaboration de la personnalité de l’enfant et consécutivement de l’adulte mais son excès est susceptible d’engendrer une névrose. On peut remarquer que de nombreuses personnes restent fixées sur l’amour parental et ne peuvent s’attacher qu’à des personnes qui ont des traits de caractère ou physique similaires à un de leur parent.

L’idéalisation fondatrice de la relation

Au début d’une relation amoureuse, à l’image de la relation d’amour parentale, l’idéalisation est prégnante car nous avons besoin d’idéalisation, d’admiration pour s’attacher à l’autre et l’aimer.

L’idéalisation est motivée par le désir et le désir est total lorsqu’on tombe amoureux, l’idéalisation l’accompagne naturellement. On est également dans la fusion-passion car elle est nécessaire pour apprendre à connaître l’autre, le découvrir, et le processus d’idéalisation incite à cette osmose puisqu’on l’autre nous comble totalement.

Cette phase d’idéalisation-fusion-passion dure de quelques mois à quelques années, selon les individus, leurs histoires et leurs modes de vie.

Advient ensuite une phase un peu plus réaliste, celle où l’on ne voit plus l’autre avec un filtre rose mais en noir et blanc avec ses qualités et ses défauts. C’est la phase de l’ambivalence, les sentiments sont plus nuancés, plus justes, plus proches de la réalité. C’est à partir de ce moment qu’une crise de couple peut surgir. Certaines personnes n’arrivent pas à surmonter cette étape et préfèrent passer de passion en passion.

D’autres parviennent à accepter de voir la personne telle qu’elle est et décident de construire et de s’aimer malgré tout.

Bien sûr il est fondamental qu’une part d’idéalisation et d’admiration soit toujours présente au sein du couple et porter davantage attention aux qualités qu’aux défauts de l’autre permet une relation à deux bien plus belle, riche, constructive et pérenne.

L’idéalisation jusqu’où ?

L’idéalisation est saine lorsqu’elle relève davantage du désir que du besoin. L’idéalisation pathologique est corrélée au besoin. L’objet idéalisé est là pour combler nos manques, résorber nos failles. Elle devient un besoin lorsque la personne n’est pas capable de compter sur elle seule pour s’aimer. L’idéaliste pense ne pas pouvoir vivre sans l’objet idéalisé. S’il advient que cet objet ne remplisse plus son rôle, l’idéaliste se sent brisé.

Les personnes les plus sujettes à souffrir d’idéalisation pathologique sont celles qui ont ressenties une carence affective dans leur petite enfance. L’individu attend de l’objet idéalisé qu’il le comble comme ses parents auraient dû le faire pour lui. Ne se sentant pas aimable il a du mal à s’aimer et va donc toujours chercher approbation et amour chez autrui. Lorsqu’une personne a tendance à être trop dépendante et a des attentes déplacées envers son/sa partenaire il est important de faire un travail sur soi afin de ne pas sacrifier sa relation amoureuse. N’oubliez pas que l’on est bien en couple qu’en étant d’abord bien avec soi-même.

 

Etre soi-même

Hervé KOPYTO
Hervé KOPYTO

Chacun d’entre nous aspire à se sentir bien, le bonheur d’être soi-même, cette liberté nous manque quand nous sommes seuls et est mise à l’épreuve dans nos relations. Les expériences incomplètes du passé surgissent alors et conditionnent notre comportement à des moments où on ne s’y attend pas. Il y aussi des scénarios stériles que nous répétons à travers nos nombreuses relations significatives.

Liberté intérieure

C’est une indépendance intérieure me permet d’oser être moi-même avec les personnes qui ont de l’importance à mes yeux (conjoint, père, mère, enfants) : aucun besoin de se durcir ou de nier l’affection et l’estime que j’ai pour eux.

Tout le monde aspire à cette liberté intérieure mais c’est le découragement devant la difficulté qui nous fait renoncer et s’accompagne d’une distance et d’un refroidissement de nos sentiments.

On peut alors opter les antidépresseurs, les anxiolytiques, l’alcool, la drogue, le sport, la solitude, devenir une bête de travail …

Le chemin

Chaque fois que je m’assume, je fais un pas vers la liberté intérieure : exprimer ce que je ressens avec mes besoins, mes valeurs et mes aspirations.

Contrairement à ce qui parait logique à première vue, ce n’est pas le fait de recevoir qui augmente notre solidité et liberté d’être mais bien le fait d’oser être ce que nous sommes.

Nous avons acquis la conviction que la dépendance à l’égard d’une personne aimé ou estimé est un signe de faiblesse, il faut se reconditionner pour faire l’inverse de ce qu’on a envie !

Pour être conforme à sa conception d’une personne saine et adulte, Laura s’efforce de garder son indépendance. Elle s’abstient de montrer ses sentiments, même lorsqu’elle est très affectée. Elle a cette attitude à l’égard de toutes les personnes qui ont de l’importance pour elle: ses amoureux, mais aussi son père, sa soeur aînée, ses deux adolescents, son patron…

Son refus de dépendance est à l’origine de nombreuses querelles avec ses amoureux; ceux-ci lui ont souvent reproché sa raideur et sa difficulté de se laisser atteindre. Pour lui éviter de perdre la face, ces derniers doivent d’ailleurs deviner ses besoins (sinon elle leur en tient rigueur). Comme ils n’y arrivent pas, il lui faut inventer des façons indirectes de manifester ses besoins. Elle a donc développé un répertoire de subterfuges qu’ils doivent décoder pour lui prouver qu’elle est vraiment importante à leurs yeux.

Mais lorsqu’une personne comble son besoin, Laura ne peut exprimer complètement sa satisfaction ou sa reconnaissance, car ce serait montrer l’existence de son besoin. Or, elle craint qu’on prenne par là davantage de pouvoir sur elle ou qu’on abuse de sa vulnérabilité.

Voilà comment, malgré toute sa bonne volonté, Laura s’aliène de plus en plus dans ses relations et se sent de plus en plus prisonnière d’elle-même. En outre, elle se retrouve dévalorisée par les nombreux échecs de ses relations qui surviennent parce qu’elle est insatisfaite ou que l’autre l’est. Laura est vraiment dans une impasse. Comment sortir de cette prison dans laquelle elle s’emmure?

Elle se comporte comme s’elle voulait nier la réalité qu’elle vit. Elle attend qu’une autre réalité s’y substitue à force d’efforts et de don de soi. Elle espère une réalité qui lui épargne la nécessité d’être complètement elle-même, c’est-à-dire d’avoir à se respecter.  (« Si l’autre devinait, si l’autre me donnait ce dont j’ai tant besoin! Si l’autre était différent, si l’autre pouvait changer! »)

Comment devenir libre ?

  • En ressentant mes émotions
  • En prenant le risque de m’exprimer
  • En consentant à mes besoins

La fausse liberté  

Il n’est pas possible d’aborder la question de la recherche de liberté sans discuter quelques propositions qu’on considère parfois comme des solutions pour obtenir le même genre de sérénité. Je vais signaler ici quelques écueils qui ne sont pas toujours visibles à première vue, pour permettre à ceux qui le désirent, de faire des choix plus éclairés.

L’acceptation inconditionnelle

Il existe des mouvements de croissance personnelle qui offrent l’acceptation et l’amour inconditionnels. Dans ces groupes, les gens sont assurés d’être acceptés et aimés pour ce qu’ils sont, avant même d’être connus; il n’y a aucun risque d’être critiqué ou rejeté si on se montre « authentique ».

Cette attitude n’est pas ni naturelle ni saine dans une relation inter-personnelle ordinaire. Même la mère la plus aimante ne peut tenir cette position continuellement avec son enfant. À certains moments, ce que vit ou fait son enfant la bouleverse et elle réagit. Elle ne pourra, par exemple accepter inconditionnellement que son bébé la repousse, que son adolescent se comporte comme s’il la méprisait.

Préconiser un mode de relation basé sur l’acceptation inconditionnelle, c’est oublier que celle-ci n’est possible que dans la mesure où ce que vit ou fait l’autre n’a pas réellement d’effet sur notre existence. C’est donc encourager les personnes à renier parfois ce qu’elles vivent ou à le fausser artificiellement. En plus, cela laisse faussement croire à ceux qui n’y arrivent pas qu’ils sont inadéquats.

Enfin, on peut comprendre à partir des explications données plus haut, qu’à cause de l’absence de risque qu’elle implique, l’acceptation inconditionnelle ne peut, en elle-même, conduire à la liberté intérieure, même si elles est très utile pour apprendre à tenir compte de ce que l’on vit. L’expérience d’être accepté inconditionnellement peut cependant inciter à accueillir davantage son expérience

L’absence de risque

Il est tellement difficile d’oser être à la hauteur de ce que l’on vit et de l’exprimer ouvertement qu’on cherche souvent à minimiser les risques. Par exemple, on prend la précaution de prévenir son interlocuteur de ce qu’il pourrait vivre en nous entendant, on s’excuse d’avance de l’impact que nos gestes ou nos propos auront sur lui, etc…

L’action qui permet de se posséder c’est celle où justement on s’assume devant une adversité potentielle. Il n’est pas nécessaire que l’adversité se manifeste, il est seulement indispensable qu’elle existe réellement dans notre esprit, que le risque de ne pas être accepté soit subjectivement présent.

À la lumière de ces précisions, on peut comprendre pourquoi la culture de certains groupes de croissance et de support ne conduit pas à s’assumer réellement comme personne. On peut comprendre également, la tentation, pour éviter l’insécurité, de rechercher les groupes qui promettent cette protection.
L’autarcie

Une autre optique fort à la mode consiste à choisir de s’auto-suffire. À l’encontre même de l’interdépendance qui caractérise les êtres vivants dans toute la nature, on choisit de se donner soi- même ce qu’on pourrait chercher à obtenir des autres. Cette façon de voir repose en partie sur une conception de la responsabilité qu’on pourrait illustrer ainsi: ‘il s’agit de mes besoins, c’est donc à moi d’y répondre ». C’est ainsi qu’on recommande de « s’aimer soi-même », « d’être sa propre mère », « de se confirmer soi-même », « de s’encourager soi-même ».

Cette tentative maladroite d’indépendance est un choix que plusieurs font après plusieurs tentatives infructueuses dans les relations interpersonnelles. D’autres fois, c’est une peur excessive de la dépendance qui entraîne la personne dans cette direction.

Une telle option n’est pas prometteuse de satisfaction car il est impossible de se suffire affectivement. Les échanges affectifs sont en effet une nourriture psychique nécessaire durant toute notre vie. Au bout du compte, cette méthode permet de moins se buter sur des nœuds relationnels, mais c’est au prix d’une solitude qui en découle nécessairement et des manques affectifs qui s’ensuivent.

Et comme cette stratégie s’appuie sur un retrait et un évitement du contact avec les autres, elle ne permet pas non plus d’augmenter le sentiment d’être une personne libre, capable de se vivre pleinement en relation avec les autres. C’est donc sur une fausse piste que nous conduit cet objectif. Ce n’est pas parce que je suis responsable de mon besoin que je peux remplacer adéquatement le support affectueux d’une mère en me supportant « affectueusement » moi-même.
Se laver le cerveau et passer outre les difficultés

L’auto-persuasion est une tactique de plus en plus d’ampleur. Elle vise à passer outre aux difficultés réelles vécues par rapport à soi-même et par rapport aux autres. Dans cette optique, on tente de se débarrasser de ce que l’on vit en se convainquant que cela n’a pas de raison logique d’exister.

Cette approche logique réussit parfois à convaincre intellectuellement, mais on pourrait dire que « le coeur ne suit pas » et qu’il faut accepter d’ignorer son vécu profond pour obéir aux directives qu’on se donne.. C’est comme si on avançait « déconnecté de soi-même ». À cause de cela, le chemin parcouru dans cette optique, c’est-à-dire, sans tenir compte de notre vécu complet, ne mène pas à une plus grande possession de soi, mais au sentiment inverse: on se sent dépossédé. (Certains diront « Je suis perdu », « Je ne sais plus ce que je veux exactement », « Je ne sais plus qui je suis au fond ».)

La liberté intérieure n’est pas plus grande, au contraire, on a l’impression que c’est seulement en se persuadant et en s’encadrant d’un contrôle perpétuel qu’on peut réussir à fonctionner. On se retrouve donc, en quelque sorte, dans une prison différente dont on est soi-même le gardien, mais sans plus de liberté.