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Aimer c’est comprendre

Mallaury et Hervé KOPYTO
Mallaury et Hervé KOPYTO

Aimer est cette tension vers les autres, mais aussi vers le monde, vers l’inconnu… pour les appréhender, pour savoir qui ils sont, pour ne pas en avoir peur… pour pouvoir se situer par rapport à eux ; et donc pour pouvoir établir son identité.

Les appréhender, mais en me méfiant de mon propre regard, de mon propre point de vue, pour ne pas les projeter sur eux, et finalement ne voir en eux, que ce que j’y aurais projeté de moi…

La question fondamentale est d’arriver à percevoir le réel de l’autre, sans le confondre avec le sien, alors que l’instrument de cette perception est le réel de soi.

Depuis quelques mois, je développe ainsi des capacités qui, dans ce domaine et comparées à la normalité, sont extraordinaires. Par exemple, il m’arrive couramment de connaître des gens à un point tel, que je les lis comme un livre ouvert; je les connais beaucoup mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes parce que le plus souvent, ils ne supportent pas de connaître leur propre vérité.

Comment ?

Méditation, lecture et vivre l’expérience de l’instant présent.

Hier mon fils se met à pleurer quand sa maman lui dit de se laver les cheveux, je commence alors à discuter avec mon fils. Dans un premier temps, il ne comprend pas sa réaction. Nous analysons ensemble ses émotions, je le rassure que c’est normal d’éprouver des émotions. Il vient alors à me dire qu’il aurait préféré faire autre chose que de se laver les cheveux, il avait donc peur de dire non à sa maman. Je lui ai expliqué qu’il pouvait dire non à ses parents en argumentant sa réponse. A cet instant de sa vie, il pensait que c’était mal de dire non à ses parents et que ça leurs faisait de la peine. Les émotions sont des outils pour mieux nous connaitre et agir en étant soi-même.

Quel bonheur !

Je vous pardonne mes parents de ne pas m’avoir enseigné ses compétences, je les apprends et les enseigne à mon fils pour qu’il développe son intelligence émotionnelle.

 

Idéaliser l’amour

Idéaliser l'amour
Idéaliser l’amour

Idéaliser l’amour serait une vision qui nuirait au couple, selon les résultats d’une étude publiée dans la revue médicale the Journal of Experimental Social Psychology.

Les personnes qui croient à l’amour fusionnel ont plus de difficultés à faire perdurer leur couple que ceux qui ont une vision moins romantique de la vie à deux.

En effet, les chercheurs de l’Université de Toronto et de Californie du Sud ont analysé les ressentis de plusieurs volontaires installés dans une relation à long terme pour comprendre l’impact de la vision amoureuse et l’avenir du couple. Ils ont soumis les participants à des questionnaires précis sur leur vision de l’amour, leur bien-être et l’avenir de leur couple.

L’amour fusionnel n’est pas bon pour le couple

Couple fusionnel ou couple complémentaire…. Les différentes interprétations de la relation amoureuse jouent un rôle déterminant pour la satisfaction des individus formant le couple.

Les résultats de l’étude révèlent qu’imaginer l’autre comme un alter ego, comme sa moitié ou son âme sœur empêche de savoir gérer les conflits du couple, car ils semblent improbables et génèrent finalement des frustrations et une certaine tristesse. Les conflits ne sont pas compris comme des expériences positives et constructives pour le couple mais comme un affront à la fusion.

En effet l’amour fusionnel est issu de l’inconscient, il est issu de l’image parentale et de l’inconscient collectif. Quand vous fusionnez, vous êtes moins conscient et donc moins lucide, vous fonctionnez comme un robot selon votre histoire, les conflits sont plus difficiles à gérer mais que la fusion est agréable et douloureuse.

« Penser que vous et votre partenaire êtes faits pour l’autre peut nuire à votre relation », affirment les chercheurs. En revanche, penser que l’amour est un long voyage et que le couple se construit rend les gens plus sereins et la relation plus durable.

Les risques du « trop beau »

En enjolivant le réel, l’idéalisation nous sauve de la banalité. Mais elle nous expose aussi à la déception, la frustration, voire la dépression. Jusqu’où ne pas idéaliser « trop » ? Le point à travers trois domaines sur lesquels nous misons beaucoup.

«Si nous n’étions pas capables de surestimer notre métier, notre partenaire, notre progéniture, alors tout ce qui fait notre vie serait interchangeable et sans saveur. Il n’y aurait pas d’amour, pas de passion ! ».

Il faut distinguer « l’idéalisation saine, motivée par le désir, de l’idéalisation pathologique, motivée par le besoin vital ».

Explication : il est bien normal et plutôt réjouissant de trouver plus de qualités qu’il en a vraiment à l’homme que nous aimons, de valoriser nos amis, nos centres d’intérêt. L’idéalisation saine se porte ainsi vers plusieurs personnes, plusieurs domaines. Et si l’un déçoit, nous souffrons, nous avons des deuils à faire, mais nous cicatrisons. « Ce qui est plus problématique, c’est d’idéaliser excessivement un objet qui nous sert de prothèse narcissique : sans lui, nous ne nous sentons pas exister. Il doit nous prouver notre valeur, nous réparer, apporter un remède à tous nos maux. Qu’il se dérobe à cette mission, et notre identité s’en trouve pulvérisée. »

L’idéalisation pathologique est une tendance chez ceux qui ont été carencés affectivement dans leur petite enfance. Leur idéal – engagement politique, plastique parfaite… –, doit les combler comme ils ne l’ont jamais été. Une demande impossible à satisfaire, puisqu’elle s’adresse aux figures nourricières qui ont fait défaut. Dans des proportions variables, il nous arrive à tous de mettre la barre un peu trop haut. Ou au mauvais endroit. Et lorsque nos espérances déçues nous font souffrir, il n’est qu’une seule issue : réviser ses attentes. Les domaines de notre vie qui demandent le plus de vigilance : notre travail, notre couple et nos enfants. Normal… c’est souvent là que nous avons mis tous nos rêves.

Le travail idéal : l’envisager comme un horizon, pas comme une nécessité immédiate

Aux sources de l’idéalisation Le travail représente toujours plus qu’un simple gagne-pain. Nous en attendons un épanouissement personnel, sans toujours savoir quel métier nous procurera ce plaisir. Chaque époque véhicule sa représentation du travail idéal : golden boy, chanteur, médecin humanitaire…

« De près ou de loin, il est toujours question d’argent, de pouvoir ou de visibilité médiatique». A ces critères, valorisés par le corps social, s’ajoutent ceux que nous transmet notre famille. « Dans certaines lignées, on est ingénieur de père en fils. Choisir un autre métier, c’est un peu renier les siens. Mais même lorsqu’on a le sentiment d’avoir pu choisir sa voie, on s’aperçoit souvent en grattant qu’il s’agit de la vocation contrariée d’un parent ou d’un grand-parent. »

Quand elle nous fait souffrir Que nous soyons le réceptacle des idéaux de notre milieu, c’est inévitable. Ce dont il faut se méfier, « c’est d’une idéalisation du travail qui serait une manière de se voiler la face sur d’autres enjeux. Par exemple, pour ne pas décevoir ses parents, on se persuade d’aimer une activité qui manifestement ne nous convient pas. Ou alors, on se dévoue entièrement à sa tâche pour ne pas se confronter à une vie affective qui déçoit. L’équilibre d’une vie, c’est aimer bien et travailler bien . A lui seul, le travail ne peut suffire à notre bonheur. Et l’on souffre immanquablement d’en attendre trop de gratifications.

Réviser ses attentes Pas question pour autant de se contenter de peu. L’idée est plutôt de redéfinir son idéal. A chacun de trouver, pour lui-même, ce qui définit un emploi réellement satisfaisant : travailler avec ses mains plutôt qu’avec sa tête, avoir de la liberté plutôt que du pouvoir… « A partir de là, la meilleure façon de composer avec son idéal, c’est de le concevoir non pas comme une exigence pour maintenant, mais comme un horizon dont on essaiera sa vie durant de s’approcher. »

Le partenaire idéal : en faire un compagnon plutôt qu’une créature mythologique

Aux sources de l’idéalisation Ah, l’amour ! La passion, le prince charmant… S’il est un domaine où l’idéalisation bat son plein, c’est bien celui-là. Au tout début de notre vie amoureuse, « nous fonctionnons en général avec des représentations de l’homme (ou de la femme) idéal et de la relation calquées sur le couple parental ». Plus tard, après quelques échecs, « nous prenons le meilleur de chacune de nos histoires pour constituer une image de perfection inatteignable ». Plus surprenant, l’idéalisation de leur couple peut offrir un moyen, pour les partenaires, de ne pas se remettre en question : « Puisqu’il est de plus en plus admis aujourd’hui que la relation amoureuse est difficile, qu’il faut y travailler, alors on se réfugie dans l’amour symbiotique : si tout va merveilleusement bien, il n’y a rien à travailler… »

Quand elle nous fait souffrir Figé dans la belle image qu’il redoute d’abîmer, le couple symbiotique finit par étouffer de ne pas évoluer. Pendant ce temps-là, parce que notre partenaire réel n’est pas cette créature hybride recomposée à partir de notre panthéon personnel, nous lui reprochons de n’être que lui-même. « Mais ces reproches sont généralement reportés sur des broutilles, quelque chose qu’il a mal fait. Dans d’autres couples, on se trouve un bouc émissaire : si rien ne va, c’est à cause de son travail. »

Réviser ses attentes Ici encore, l’issue est de remplacer son idéal par un autre. Et plus précisément, de remplacer une idéalisation qui étouffe par une idéalisation qui, au contraire, magnifie la relation.

Le moi, ou plutôt l’idéal du moi se construit par rapport à un modèle auquel on va tâcher de se conformer. En général ce sont aux parents ou instances parentales qu’on veut ressembler et imiter car ce sont nos premiers objets d’amour. Un enfant cherche à s’identifier et à idéaliser ses parents mais aussi les personnes de son entourage. Ceci s’explique par ses besoins physiologiques et psychologiques qui dépendent de ces personnes idéalisées.

Cette idéalisation est nécessaire à l’élaboration de la personnalité de l’enfant et consécutivement de l’adulte mais son excès est susceptible d’engendrer une névrose. On peut remarquer que de nombreuses personnes restent fixées sur l’amour parental et ne peuvent s’attacher qu’à des personnes qui ont des traits de caractère ou physique similaires à un de leur parent.

L’idéalisation fondatrice de la relation

Au début d’une relation amoureuse, à l’image de la relation d’amour parentale, l’idéalisation est prégnante car nous avons besoin d’idéalisation, d’admiration pour s’attacher à l’autre et l’aimer.

L’idéalisation est motivée par le désir et le désir est total lorsqu’on tombe amoureux, l’idéalisation l’accompagne naturellement. On est également dans la fusion-passion car elle est nécessaire pour apprendre à connaître l’autre, le découvrir, et le processus d’idéalisation incite à cette osmose puisqu’on l’autre nous comble totalement.

Cette phase d’idéalisation-fusion-passion dure de quelques mois à quelques années, selon les individus, leurs histoires et leurs modes de vie.

Advient ensuite une phase un peu plus réaliste, celle où l’on ne voit plus l’autre avec un filtre rose mais en noir et blanc avec ses qualités et ses défauts. C’est la phase de l’ambivalence, les sentiments sont plus nuancés, plus justes, plus proches de la réalité. C’est à partir de ce moment qu’une crise de couple peut surgir. Certaines personnes n’arrivent pas à surmonter cette étape et préfèrent passer de passion en passion.

D’autres parviennent à accepter de voir la personne telle qu’elle est et décident de construire et de s’aimer malgré tout.

Bien sûr il est fondamental qu’une part d’idéalisation et d’admiration soit toujours présente au sein du couple et porter davantage attention aux qualités qu’aux défauts de l’autre permet une relation à deux bien plus belle, riche, constructive et pérenne.

L’idéalisation jusqu’où ?

L’idéalisation est saine lorsqu’elle relève davantage du désir que du besoin. L’idéalisation pathologique est corrélée au besoin. L’objet idéalisé est là pour combler nos manques, résorber nos failles. Elle devient un besoin lorsque la personne n’est pas capable de compter sur elle seule pour s’aimer. L’idéaliste pense ne pas pouvoir vivre sans l’objet idéalisé. S’il advient que cet objet ne remplisse plus son rôle, l’idéaliste se sent brisé.

Les personnes les plus sujettes à souffrir d’idéalisation pathologique sont celles qui ont ressenties une carence affective dans leur petite enfance. L’individu attend de l’objet idéalisé qu’il le comble comme ses parents auraient dû le faire pour lui. Ne se sentant pas aimable il a du mal à s’aimer et va donc toujours chercher approbation et amour chez autrui. Lorsqu’une personne a tendance à être trop dépendante et a des attentes déplacées envers son/sa partenaire il est important de faire un travail sur soi afin de ne pas sacrifier sa relation amoureuse. N’oubliez pas que l’on est bien en couple qu’en étant d’abord bien avec soi-même.

 

Etre soi-même

Hervé KOPYTO
Hervé KOPYTO

Chacun d’entre nous aspire à se sentir bien, le bonheur d’être soi-même, cette liberté nous manque quand nous sommes seuls et est mise à l’épreuve dans nos relations. Les expériences incomplètes du passé surgissent alors et conditionnent notre comportement à des moments où on ne s’y attend pas. Il y aussi des scénarios stériles que nous répétons à travers nos nombreuses relations significatives.

Liberté intérieure

C’est une indépendance intérieure me permet d’oser être moi-même avec les personnes qui ont de l’importance à mes yeux (conjoint, père, mère, enfants) : aucun besoin de se durcir ou de nier l’affection et l’estime que j’ai pour eux.

Tout le monde aspire à cette liberté intérieure mais c’est le découragement devant la difficulté qui nous fait renoncer et s’accompagne d’une distance et d’un refroidissement de nos sentiments.

On peut alors opter les antidépresseurs, les anxiolytiques, l’alcool, la drogue, le sport, la solitude, devenir une bête de travail …

Le chemin

Chaque fois que je m’assume, je fais un pas vers la liberté intérieure : exprimer ce que je ressens avec mes besoins, mes valeurs et mes aspirations.

Contrairement à ce qui parait logique à première vue, ce n’est pas le fait de recevoir qui augmente notre solidité et liberté d’être mais bien le fait d’oser être ce que nous sommes.

Nous avons acquis la conviction que la dépendance à l’égard d’une personne aimé ou estimé est un signe de faiblesse, il faut se reconditionner pour faire l’inverse de ce qu’on a envie !

Pour être conforme à sa conception d’une personne saine et adulte, Laura s’efforce de garder son indépendance. Elle s’abstient de montrer ses sentiments, même lorsqu’elle est très affectée. Elle a cette attitude à l’égard de toutes les personnes qui ont de l’importance pour elle: ses amoureux, mais aussi son père, sa soeur aînée, ses deux adolescents, son patron…

Son refus de dépendance est à l’origine de nombreuses querelles avec ses amoureux; ceux-ci lui ont souvent reproché sa raideur et sa difficulté de se laisser atteindre. Pour lui éviter de perdre la face, ces derniers doivent d’ailleurs deviner ses besoins (sinon elle leur en tient rigueur). Comme ils n’y arrivent pas, il lui faut inventer des façons indirectes de manifester ses besoins. Elle a donc développé un répertoire de subterfuges qu’ils doivent décoder pour lui prouver qu’elle est vraiment importante à leurs yeux.

Mais lorsqu’une personne comble son besoin, Laura ne peut exprimer complètement sa satisfaction ou sa reconnaissance, car ce serait montrer l’existence de son besoin. Or, elle craint qu’on prenne par là davantage de pouvoir sur elle ou qu’on abuse de sa vulnérabilité.

Voilà comment, malgré toute sa bonne volonté, Laura s’aliène de plus en plus dans ses relations et se sent de plus en plus prisonnière d’elle-même. En outre, elle se retrouve dévalorisée par les nombreux échecs de ses relations qui surviennent parce qu’elle est insatisfaite ou que l’autre l’est. Laura est vraiment dans une impasse. Comment sortir de cette prison dans laquelle elle s’emmure?

Elle se comporte comme s’elle voulait nier la réalité qu’elle vit. Elle attend qu’une autre réalité s’y substitue à force d’efforts et de don de soi. Elle espère une réalité qui lui épargne la nécessité d’être complètement elle-même, c’est-à-dire d’avoir à se respecter.  (« Si l’autre devinait, si l’autre me donnait ce dont j’ai tant besoin! Si l’autre était différent, si l’autre pouvait changer! »)

Comment devenir libre ?

  • En ressentant mes émotions
  • En prenant le risque de m’exprimer
  • En consentant à mes besoins

La fausse liberté  

Il n’est pas possible d’aborder la question de la recherche de liberté sans discuter quelques propositions qu’on considère parfois comme des solutions pour obtenir le même genre de sérénité. Je vais signaler ici quelques écueils qui ne sont pas toujours visibles à première vue, pour permettre à ceux qui le désirent, de faire des choix plus éclairés.

L’acceptation inconditionnelle

Il existe des mouvements de croissance personnelle qui offrent l’acceptation et l’amour inconditionnels. Dans ces groupes, les gens sont assurés d’être acceptés et aimés pour ce qu’ils sont, avant même d’être connus; il n’y a aucun risque d’être critiqué ou rejeté si on se montre « authentique ».

Cette attitude n’est pas ni naturelle ni saine dans une relation inter-personnelle ordinaire. Même la mère la plus aimante ne peut tenir cette position continuellement avec son enfant. À certains moments, ce que vit ou fait son enfant la bouleverse et elle réagit. Elle ne pourra, par exemple accepter inconditionnellement que son bébé la repousse, que son adolescent se comporte comme s’il la méprisait.

Préconiser un mode de relation basé sur l’acceptation inconditionnelle, c’est oublier que celle-ci n’est possible que dans la mesure où ce que vit ou fait l’autre n’a pas réellement d’effet sur notre existence. C’est donc encourager les personnes à renier parfois ce qu’elles vivent ou à le fausser artificiellement. En plus, cela laisse faussement croire à ceux qui n’y arrivent pas qu’ils sont inadéquats.

Enfin, on peut comprendre à partir des explications données plus haut, qu’à cause de l’absence de risque qu’elle implique, l’acceptation inconditionnelle ne peut, en elle-même, conduire à la liberté intérieure, même si elles est très utile pour apprendre à tenir compte de ce que l’on vit. L’expérience d’être accepté inconditionnellement peut cependant inciter à accueillir davantage son expérience

L’absence de risque

Il est tellement difficile d’oser être à la hauteur de ce que l’on vit et de l’exprimer ouvertement qu’on cherche souvent à minimiser les risques. Par exemple, on prend la précaution de prévenir son interlocuteur de ce qu’il pourrait vivre en nous entendant, on s’excuse d’avance de l’impact que nos gestes ou nos propos auront sur lui, etc…

L’action qui permet de se posséder c’est celle où justement on s’assume devant une adversité potentielle. Il n’est pas nécessaire que l’adversité se manifeste, il est seulement indispensable qu’elle existe réellement dans notre esprit, que le risque de ne pas être accepté soit subjectivement présent.

À la lumière de ces précisions, on peut comprendre pourquoi la culture de certains groupes de croissance et de support ne conduit pas à s’assumer réellement comme personne. On peut comprendre également, la tentation, pour éviter l’insécurité, de rechercher les groupes qui promettent cette protection.
L’autarcie

Une autre optique fort à la mode consiste à choisir de s’auto-suffire. À l’encontre même de l’interdépendance qui caractérise les êtres vivants dans toute la nature, on choisit de se donner soi- même ce qu’on pourrait chercher à obtenir des autres. Cette façon de voir repose en partie sur une conception de la responsabilité qu’on pourrait illustrer ainsi: ‘il s’agit de mes besoins, c’est donc à moi d’y répondre ». C’est ainsi qu’on recommande de « s’aimer soi-même », « d’être sa propre mère », « de se confirmer soi-même », « de s’encourager soi-même ».

Cette tentative maladroite d’indépendance est un choix que plusieurs font après plusieurs tentatives infructueuses dans les relations interpersonnelles. D’autres fois, c’est une peur excessive de la dépendance qui entraîne la personne dans cette direction.

Une telle option n’est pas prometteuse de satisfaction car il est impossible de se suffire affectivement. Les échanges affectifs sont en effet une nourriture psychique nécessaire durant toute notre vie. Au bout du compte, cette méthode permet de moins se buter sur des nœuds relationnels, mais c’est au prix d’une solitude qui en découle nécessairement et des manques affectifs qui s’ensuivent.

Et comme cette stratégie s’appuie sur un retrait et un évitement du contact avec les autres, elle ne permet pas non plus d’augmenter le sentiment d’être une personne libre, capable de se vivre pleinement en relation avec les autres. C’est donc sur une fausse piste que nous conduit cet objectif. Ce n’est pas parce que je suis responsable de mon besoin que je peux remplacer adéquatement le support affectueux d’une mère en me supportant « affectueusement » moi-même.
Se laver le cerveau et passer outre les difficultés

L’auto-persuasion est une tactique de plus en plus d’ampleur. Elle vise à passer outre aux difficultés réelles vécues par rapport à soi-même et par rapport aux autres. Dans cette optique, on tente de se débarrasser de ce que l’on vit en se convainquant que cela n’a pas de raison logique d’exister.

Cette approche logique réussit parfois à convaincre intellectuellement, mais on pourrait dire que « le coeur ne suit pas » et qu’il faut accepter d’ignorer son vécu profond pour obéir aux directives qu’on se donne.. C’est comme si on avançait « déconnecté de soi-même ». À cause de cela, le chemin parcouru dans cette optique, c’est-à-dire, sans tenir compte de notre vécu complet, ne mène pas à une plus grande possession de soi, mais au sentiment inverse: on se sent dépossédé. (Certains diront « Je suis perdu », « Je ne sais plus ce que je veux exactement », « Je ne sais plus qui je suis au fond ».)

La liberté intérieure n’est pas plus grande, au contraire, on a l’impression que c’est seulement en se persuadant et en s’encadrant d’un contrôle perpétuel qu’on peut réussir à fonctionner. On se retrouve donc, en quelque sorte, dans une prison différente dont on est soi-même le gardien, mais sans plus de liberté.