Archives de catégorie : Développement personnel

Les émotions

Le travail sur nos émotions se fait à trois niveaux :

– 1) Les voir, les reconnaître, les différencier l’une de l’autre, comprendre la différence entre les émotions issues de notre passé et les sentiments utiles qui nous aident à nous positionner dans la vie, nous affirmer, nous protéger tout en respectant les autres.

– 2) L’acceptation (et non le refoulement !), la compréhension du message qu’elles nous délivrent, notre responsabilité d’adulte face à nos émotions (Elles nous abîment et mangent notre énergie). Ainsi que le choix conscient et responsable du passage à l’acte réparateur éventuel modifiant notre comportement habituel. Voir le document : Le “oui”.

– 3) Apprendre à les aimer comme tout ce qui se passe dans notre corps, c’est le début du véritable amour de Soi.

Les quatre principales émotions :

La peur :

Elle est très utile en cas de danger immédiat pour nous protéger, trouver en nous le maximum d’énergie afin d’agir et de sauver notre peau ou notre intégrité. Mais, par contre, elle est beaucoup plus souvent une réminiscence des blessures de notre passé, donc nous avons peur de revivre la même blessure. Nous oublions alors que nous avons grandi, que la situation n’est jamais la même, que les gens autour de nous ne sont pas les mêmes et donc toute ressemblance est complètement fortuite.

C’est, au contraire, une chance de réparer notre passé en vérifiant que la situation n’est plus dangereuse pour nous, c’est l’occasion inestimable de vérifier notre force intérieure, la confiance en notre divin et c’est l’opportunité de perdre la croyance correspondante à cette blessure.

La colère :

Elle est indispensable pour protéger notre territoire, notre corps, notre intégrité, notre chemin de vie, notre rôle dans l’instant. Elle ne doit pas se confondre avec la violence, qui est la conséquence du refus de nos colères anciennes, ou la déviation d’une colère destinée à quelqu’un d’autre qui nous fait très peur. Elle sert à clarifier nos besoins, nos limites, notre territoire et notre place. Dans notre société, il y a beaucoup de violence et d’agressivité parce que les colères ne sont pas exprimées au bon moment ou aux bonnes personnes, qui sont d’ailleurs le plus souvent notre mère, notre père ou des membres de notre famille.

La tristesse :

C’est un sentiment mal connu et elle est souvent prise pour un sentiment négatif ou destructeur. C’est peut-être le plus beau des sentiments. C’est celui qui nous libère d’un deuil, d’une croyance, d’une illusion. Sans notre tristesse, nous gardons inscrits en nous des cicatrices non refermées qui se rouvriront un jour ou l’autre avec des souffrances plus grandes. Si nous n’acceptons pas notre tristesse, c’est souvent la maladie et la mort qui viennent terminer ce travail de deuil dans notre corps. La tristesse, la dépression, quand elles ne sont pas chroniques, nous amènent à baisser notre niveau d’énergie interne afin d’être capable de supporter l’épreuve sans abîmer notre corps. La tristesse est la seule façon d’accepter la réalité qui nous dérange. Il est parfois difficile de discerner la vraie tristesse, qui amène à la paix intérieure et à la réparation, de la “fausse” tristesse qui est tout simplement une colère, un refus de la réalité. Celle-ci n’a pas le pouvoir de nous libérer mais, au contraire, nous fait rentrer dans une énergie de victime souvent chronique et destructrice.

La joie :

La joie profonde qui vient de notre centre, qui remplit notre corps en toute sérénité, est la seule qui devrait porter ce nom. Elle n’est pas à confondre avec celle qui provient de la satisfaction de nos désirs, de l’expression physique de nos plaisirs temporaires qui ne sont que des pansements maladroits et provisoires sur nos blessures de coeur. Elle n’est pas à confondre non plus avec notre satisfaction très égoïste de voir nos désirs réalisés par nos enfants, un membre de notre famille ou une célébrité quelconque. L’excitation temporaire et hystérique est une drogue qui aura obligatoirement sa conséquence négative aussi forte dans un proche avenir, c’est un effet de balancier naturel rejoignant la loi de “cause à effet” relatée dans tous les enseignements spirituels.

Les émotions sont un processus physique pour nous informer qu’il se passe quelque chose d’anormal ou de dangereux dans notre environnement. Dans le cas où ce n’est pas pour nous prévenir d’un danger imminent, c’est le signe d’un refus d’accepter une réalité correspondant à un refus identique de notre petite enfance.

Nos émotions nous ramènent dans notre corps et nous font quitter le raisonnement, la logique, la morale. Elles sont une porte ouverte à la connaissance de notre vrai

“Soi”. Nos émotions dirigent nos actions, nos pensées, nos choix de vie et nos relations, de façon inconsciente, et donc de façon négative pour notre bonheur.

Toutes les émotions sont semblables à l’intérieur de chaque être humain, seule l’intensité varie.

Le refus d’accepter nos émotions, donc le fait de les refouler, nous éloigne de plus en plus de notre être essentiel, notre âme. Tous ces refus se logent dans notre corps et constituent une chape de béton au-dessus de notre âme qui rigidifie notre corps et amène, par voie de conséquence, douleurs et maladies. La conséquence ultime étant la mort de notre corps physique avant même d’avoir découvert, accepter et réaliser notre véritable chemin de vie.

 

L’absence

Dans chaque relation humaine, je dois trouver un équilibre entre les moments de présence intime et chaleureux, en alternance avec des moments d’éloignement et de solitude, selon mes limites et mes besoins du moment. Suivant les différentes structures psychologiques décrites dans le premier chapitre, mes difficultés sont différentes et, par conséquent, je dois faire des efforts différents, correspondants à mon histoire familiale :

J’apprends ce qu’est la présence à l’autre et j’apprends l’intimité avec l’autre, au lieu de l’inclure dans mon monde. Car, dans ce cas, il n’y a pas de relation du tout, c’est-à-dire que, dans mon inconscient, l’autre devient une simple partie de moi-même.

J’apprends l’absence de l’autre, je m’éloigne, je m’isole de l’autre sans avoir besoin de son accord.

J’apprends ce qu’est la présence et ce qu’est l’absence, car souvent j’en ignore le sens au niveau intime de la relation.

J’apprends la distance physique et émotionnelle. J’apprends aussi l’intimité, sans jugement, sans croyance culturelle, familiale ou religieuse.

La Présence

Á Soi :

C’est être conscient, seconde par seconde, de tout ce qui se passe à l’intérieur de mon corps, que ce soit physique, émotionnel ou mental.

Á l’autre :

C’est prendre conscience que l’autre est un autre : son histoire, ses blessures, ses désirs, ses besoins. Je ne peux donc pas le comprendre mais simplement l’entendre, c’est-à-dire l’écouter avec neutralité, avec compassion et sans le prendre en charge.

J’accueille l’autre tel qu’il est, dans l’amour inconditionnel, tout en respectant mes limites du moment. La présence à mon bébé, c’est accepter qu’il ne pleure jamais pour rien. Ce n’est pas non plus pour “faire ses poumons”. Il y a toujours une cause, même si je ne peux pas la comprendre ; je peux l’entendre, dans l’écoute, la présence et la tendresse, sans me culpabiliser.

La présence à mon enfant, c’est lui accorder chaque jour des moments de disponibilité sans “distraction“ extérieure, sans jugement et sans conseil.

Á la relation :

C’est l’espace d’échanges entre moi et les autres : les paroles, les actes et l’énergie. Je reste conscient de la réalité, en me respectant et en respectant l’autre.

Je garde la responsabilité de ma partie de la relation et je ne suis pas responsable de la partie de l’autre. Il y a une ligne frontière exactement au milieu de notre relation, chacun reste responsable de son propre territoire. Je ne donne pas de conseil, de menace, je ne prends pas le pouvoir et je n’accepte pas que l’autre le fasse. J’affirme simplement mes limites, mes besoins et je respecte ceux des autres.

Á mon Dieu intérieur :

En plus de ma pensée, mon intelligence, mes émotions, mon corps, je possède une énergie divine qui me guide grâce à mes intuitions. Le silence extérieur et intérieur me met en contact avec cette partie de moi, mon âme guidée par l’esprit, qui possède des pouvoirs au-delà de toute imagination humaine. C’est ma seule sécurité.

Á la Terre :

La Terre-Mère est ma source de vie physique. J’y prends toute ma force, toute mon énergie. C’est une nécessité vitale de rester en conscience avec cette réalité. Cela m’aide à me libérer de tous mes attachements humains et matériels. Mon corps vient de la terre et y retournera quoi qu’il arrive.

Á Dieu, messager et guide de l’univers :

Une énergie qui régit tout l’univers existe. Cette énergie est capable de créer l’univers entier et en même temps tout ce qu’il y a sur cette planète : les minéraux, les végétaux, les animaux et les hommes. Au niveau humain, sa puissance est infinie et rien de ce qui se passe n’est un hasard. L’ouverture de ma conscience me fait découvrir cet équilibre. C’est un immense orchestre dont aucun être humain ne peut connaître tous les accords. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas deux ou plusieurs orchestres mais un seul. Il n’y a donc aucune séparation entre les races, les religions ou les cultures ; comme les instruments d’un orchestre, elles ont toutes un rapport avec les autres. Elles sont des compléments indispensables à la connaissance humaine et aucune ne possède la vérité en entier. Tout ce qui existe est nécessaire, sinon cela n’existerait pas.

Á mon corps, mes sensations :

C’est par mon corps que je reçois les messages de mon divin. Le langage de mes douleurs, de mes malaises et de mes maladies est un langage ; cela n’a rien à voir avec les microbes ou les conditions extérieures. Ces derniers sont réels mais ils utilisent les erreurs de mon chemin pour abîmer mon corps. Ces intrusions sont des conséquences et non des causes.

C’est aussi la présence aux instants de bonheur que ressent mon corps par l’intermédiaire de tous mes sens.

Á mes émotions :

Chaque refus d’une réalité, d’un besoin, me procure une émotion due à mon histoire.

Ces émotions sont là pour m’avertir d’une erreur ou d’un danger. Les accepter, les reconnaître et en tirer des leçons me ramène dans mon chemin de vie avec lequel je ne peux pas tricher.

 

La minutie

Voici une texte James Allen datant de 1909 qui reste toujours d’actualité.

La minutie
La minutie

La minutie consiste à accomplir les petites choses comme s’il s’agissait des plus importantes du monde. Les petits détails de la vie sont de la première importance et cette vérité n’est pas généralement comprise. La pensée qu’on puisse négliger, mettre de côté ou peu considérer les détails mineurs sous-tend ce manque de minutie si courant qui entraîne un travail imparfait et des vies malheureuses.

Lorsqu’on comprend que les grandes choses du monde et de la vie consistent en une combinaison de petites choses, et que sans agencement de petites choses, les grandes n’existeraient pas, alors on commence à prêter une attention méticuleuse à tous ces détails considérés auparavant comme insignifiants. On acquiert alors la qualité de minutie et on devient utile et influent. La possession ou la non-possession de cette qualité peut faire toute la différence du monde, entre une vie de paix et de puissance ou de misère et de faiblesse.

Dans mon métier de développeur informatique, j’ai appris à être minutieux pour obtenir de bons résultats par contre dans ma vie psychique, il me semble avoir manqué un peu de minutie, l’ignorance est maintenant comblée.

Chaque employeur a pu apprécier la rareté de cette qualité et sait qu’il est très difficile de trouver des hommes et des femmes qui consacrent pensée et énergie à leur travail, et l’accomplissent jusqu’au bout et de manière satisfaisante. Le travail bâclé abonde. Habileté et l’excellence sont rares. La négligence, le manque de considération et la paresse sont des vices si communs qu’ils ont perdu tout caractère d’anomalie. En dépit des «réformes sociales», le nombre de sans-emploi croît constamment. Le démissionnaire d’aujourd’hui pourrait demain, à une heure de grande nécessité, se mettre en quête d’un gagne-pain, mais en vain.

La loi de la survie des plus forts ne repose pas sur la cruauté, mais sur la justice. Cet aspect de l’équité divine prévaut partout. Le vice est mis en échec sur plusieurs fronts. Sinon, comment la vertu pourrait-elle s’épanouir? Les ouvriers négligents et paresseux avoir préséance et concurrencer, sur un pied d’égalité, les travailleurs attentifs et industrieux. Un ami m’a dit que son père avait donné à ses enfants le conseil suivant :

 Quelle que soit votre occupation future, allouez-y toute votre attention et exécutez-la avec minutie. Vous n’aurez alors jamais à vous inquiéter de votre bien-être. Les travailleurs négligents et irréfléchis sont si nombreux que les services de l’employé minutieux seront recherchés.

Je connais des employeurs qui ont tenté pendant des années, presque toujours en vain, de recruter des travailleurs compétents dans des domaines sans exigences d’habileté exceptionnelle, sauf des qualités de prévoyance, d’énergie et d’attention consciencieuse. Ils ont dû congédier une multitude d’employés en raison de négligence, de paresse, d’incompétence ou de manquements constants au devoir, sans mentionner les autres vices sans rapport avec le travail. Pourtant, la vaste armée des chômeurs continue à protester contre la législation, la société et le ciel.

Il ne faut pas chercher très loin pour trouver la cause de ce manque commun de minutie. On la trouve au cœur de cette soif de plaisir qui engendre non seulement un dégoût du travail régulier, mais qui empêche le rendement supérieur et exécution correcte des tâches assignées. Récemment, j’ai observé un cas parmi tant d’autres : celui d’une pauvre femme, embauchée à une position lucrative et responsable en réponse à sa demande pressante de travail. En poste depuis à peine quelques jours, elle commençait à évoquer le bon temps qu’elle se paierait, maintenant qu’elle avait décroché cette position. On la congédiée, à la fin du mois, la jugeant négligente et incompétente.

De même que deux objets ne peuvent se trouver à la même place en même temps, le mental avide de plaisir ne peut se concentrer sur l’exécution parfaite de sa tâche.

Il y a un temps et une place pour le plaisir. Il ne faut pas laisser l’envie du plaisir s’installer dans le mental pendant ses heures d’office. Les travailleurs continuellement absorbés par des pensées de plaisir ne peuvent que bâcler ou négliger leur travail dès que ce plaisir semble menacé.

La minutie est la complétude et la quête de perfection; autrement dit, l’exécution si impeccable d’une tâche que rien ne laisse à désirer ou, si ce n’est pas mieux effectué que par toute autre personne, on n’a au moins fait pire que le meilleur des autres. La minutie signifie encore l’exercice d’une grande activité cérébrale, le déploiement d’une grande énergie, l’application persistante du mental à la tâche, le développement de la patience, la persévérance et un grand sens du devoir. Un ancien maitre disait : « Si un travail doit être fait, il faut l’accomplir, l’entreprendre vigoureusement ». Un autre disait : « peu importe la tâche qui t’incombe, exécute-là de ton mieux ».

Qui manque de minutie dans ses devoirs du monde affichera la même défiance sur le point spirituel. Son caractère ne s’améliorera pas. Il demeurera faible et peu enthousiaste dans sa religion, l’accomplira rien de bon ni d’utiles. Qui garde un œil sur les plaisirs du monde et l’autre sur la religion, dans l’espoir d’obtenir les avantages des deux conditions, ne sera entier ni dans la recherche de plaisir ni dans la religion, et fera un désastre des deux. Il vaut mieux être une âme totalement mondaine qu’un religieux peu enthousiaste. Mieux vaut consacrer tout son mental à une tâche modeste que la moitié à une plus haute fonction.

Il vaut mieux être minutieux, même dans une mauvaise direction ou à des fins égoïstes, qu’être inefficace ou indécis dans une bonne direction. La minutie conduit plus rapidement au développement du caractère et à l’acquisition de la sagesse. Elle accélère le progrès et le développement. Alors qu’elle conduit l’être mauvais à s’améliorer, la minutie propulse le bon à des niveaux de plus en plus élevés d’utilité et de puissance.

 

 

Etre soi-même

Hervé KOPYTO
Hervé KOPYTO

Chacun d’entre nous aspire à se sentir bien, le bonheur d’être soi-même, cette liberté nous manque quand nous sommes seuls et est mise à l’épreuve dans nos relations. Les expériences incomplètes du passé surgissent alors et conditionnent notre comportement à des moments où on ne s’y attend pas. Il y aussi des scénarios stériles que nous répétons à travers nos nombreuses relations significatives.

Liberté intérieure

C’est une indépendance intérieure me permet d’oser être moi-même avec les personnes qui ont de l’importance à mes yeux (conjoint, père, mère, enfants) : aucun besoin de se durcir ou de nier l’affection et l’estime que j’ai pour eux.

Tout le monde aspire à cette liberté intérieure mais c’est le découragement devant la difficulté qui nous fait renoncer et s’accompagne d’une distance et d’un refroidissement de nos sentiments.

On peut alors opter les antidépresseurs, les anxiolytiques, l’alcool, la drogue, le sport, la solitude, devenir une bête de travail …

Le chemin

Chaque fois que je m’assume, je fais un pas vers la liberté intérieure : exprimer ce que je ressens avec mes besoins, mes valeurs et mes aspirations.

Contrairement à ce qui parait logique à première vue, ce n’est pas le fait de recevoir qui augmente notre solidité et liberté d’être mais bien le fait d’oser être ce que nous sommes.

Nous avons acquis la conviction que la dépendance à l’égard d’une personne aimé ou estimé est un signe de faiblesse, il faut se reconditionner pour faire l’inverse de ce qu’on a envie !

Pour être conforme à sa conception d’une personne saine et adulte, Laura s’efforce de garder son indépendance. Elle s’abstient de montrer ses sentiments, même lorsqu’elle est très affectée. Elle a cette attitude à l’égard de toutes les personnes qui ont de l’importance pour elle: ses amoureux, mais aussi son père, sa soeur aînée, ses deux adolescents, son patron…

Son refus de dépendance est à l’origine de nombreuses querelles avec ses amoureux; ceux-ci lui ont souvent reproché sa raideur et sa difficulté de se laisser atteindre. Pour lui éviter de perdre la face, ces derniers doivent d’ailleurs deviner ses besoins (sinon elle leur en tient rigueur). Comme ils n’y arrivent pas, il lui faut inventer des façons indirectes de manifester ses besoins. Elle a donc développé un répertoire de subterfuges qu’ils doivent décoder pour lui prouver qu’elle est vraiment importante à leurs yeux.

Mais lorsqu’une personne comble son besoin, Laura ne peut exprimer complètement sa satisfaction ou sa reconnaissance, car ce serait montrer l’existence de son besoin. Or, elle craint qu’on prenne par là davantage de pouvoir sur elle ou qu’on abuse de sa vulnérabilité.

Voilà comment, malgré toute sa bonne volonté, Laura s’aliène de plus en plus dans ses relations et se sent de plus en plus prisonnière d’elle-même. En outre, elle se retrouve dévalorisée par les nombreux échecs de ses relations qui surviennent parce qu’elle est insatisfaite ou que l’autre l’est. Laura est vraiment dans une impasse. Comment sortir de cette prison dans laquelle elle s’emmure?

Elle se comporte comme s’elle voulait nier la réalité qu’elle vit. Elle attend qu’une autre réalité s’y substitue à force d’efforts et de don de soi. Elle espère une réalité qui lui épargne la nécessité d’être complètement elle-même, c’est-à-dire d’avoir à se respecter.  (« Si l’autre devinait, si l’autre me donnait ce dont j’ai tant besoin! Si l’autre était différent, si l’autre pouvait changer! »)

Comment devenir libre ?

  • En ressentant mes émotions
  • En prenant le risque de m’exprimer
  • En consentant à mes besoins

La fausse liberté  

Il n’est pas possible d’aborder la question de la recherche de liberté sans discuter quelques propositions qu’on considère parfois comme des solutions pour obtenir le même genre de sérénité. Je vais signaler ici quelques écueils qui ne sont pas toujours visibles à première vue, pour permettre à ceux qui le désirent, de faire des choix plus éclairés.

L’acceptation inconditionnelle

Il existe des mouvements de croissance personnelle qui offrent l’acceptation et l’amour inconditionnels. Dans ces groupes, les gens sont assurés d’être acceptés et aimés pour ce qu’ils sont, avant même d’être connus; il n’y a aucun risque d’être critiqué ou rejeté si on se montre « authentique ».

Cette attitude n’est pas ni naturelle ni saine dans une relation inter-personnelle ordinaire. Même la mère la plus aimante ne peut tenir cette position continuellement avec son enfant. À certains moments, ce que vit ou fait son enfant la bouleverse et elle réagit. Elle ne pourra, par exemple accepter inconditionnellement que son bébé la repousse, que son adolescent se comporte comme s’il la méprisait.

Préconiser un mode de relation basé sur l’acceptation inconditionnelle, c’est oublier que celle-ci n’est possible que dans la mesure où ce que vit ou fait l’autre n’a pas réellement d’effet sur notre existence. C’est donc encourager les personnes à renier parfois ce qu’elles vivent ou à le fausser artificiellement. En plus, cela laisse faussement croire à ceux qui n’y arrivent pas qu’ils sont inadéquats.

Enfin, on peut comprendre à partir des explications données plus haut, qu’à cause de l’absence de risque qu’elle implique, l’acceptation inconditionnelle ne peut, en elle-même, conduire à la liberté intérieure, même si elles est très utile pour apprendre à tenir compte de ce que l’on vit. L’expérience d’être accepté inconditionnellement peut cependant inciter à accueillir davantage son expérience

L’absence de risque

Il est tellement difficile d’oser être à la hauteur de ce que l’on vit et de l’exprimer ouvertement qu’on cherche souvent à minimiser les risques. Par exemple, on prend la précaution de prévenir son interlocuteur de ce qu’il pourrait vivre en nous entendant, on s’excuse d’avance de l’impact que nos gestes ou nos propos auront sur lui, etc…

L’action qui permet de se posséder c’est celle où justement on s’assume devant une adversité potentielle. Il n’est pas nécessaire que l’adversité se manifeste, il est seulement indispensable qu’elle existe réellement dans notre esprit, que le risque de ne pas être accepté soit subjectivement présent.

À la lumière de ces précisions, on peut comprendre pourquoi la culture de certains groupes de croissance et de support ne conduit pas à s’assumer réellement comme personne. On peut comprendre également, la tentation, pour éviter l’insécurité, de rechercher les groupes qui promettent cette protection.
L’autarcie

Une autre optique fort à la mode consiste à choisir de s’auto-suffire. À l’encontre même de l’interdépendance qui caractérise les êtres vivants dans toute la nature, on choisit de se donner soi- même ce qu’on pourrait chercher à obtenir des autres. Cette façon de voir repose en partie sur une conception de la responsabilité qu’on pourrait illustrer ainsi: ‘il s’agit de mes besoins, c’est donc à moi d’y répondre ». C’est ainsi qu’on recommande de « s’aimer soi-même », « d’être sa propre mère », « de se confirmer soi-même », « de s’encourager soi-même ».

Cette tentative maladroite d’indépendance est un choix que plusieurs font après plusieurs tentatives infructueuses dans les relations interpersonnelles. D’autres fois, c’est une peur excessive de la dépendance qui entraîne la personne dans cette direction.

Une telle option n’est pas prometteuse de satisfaction car il est impossible de se suffire affectivement. Les échanges affectifs sont en effet une nourriture psychique nécessaire durant toute notre vie. Au bout du compte, cette méthode permet de moins se buter sur des nœuds relationnels, mais c’est au prix d’une solitude qui en découle nécessairement et des manques affectifs qui s’ensuivent.

Et comme cette stratégie s’appuie sur un retrait et un évitement du contact avec les autres, elle ne permet pas non plus d’augmenter le sentiment d’être une personne libre, capable de se vivre pleinement en relation avec les autres. C’est donc sur une fausse piste que nous conduit cet objectif. Ce n’est pas parce que je suis responsable de mon besoin que je peux remplacer adéquatement le support affectueux d’une mère en me supportant « affectueusement » moi-même.
Se laver le cerveau et passer outre les difficultés

L’auto-persuasion est une tactique de plus en plus d’ampleur. Elle vise à passer outre aux difficultés réelles vécues par rapport à soi-même et par rapport aux autres. Dans cette optique, on tente de se débarrasser de ce que l’on vit en se convainquant que cela n’a pas de raison logique d’exister.

Cette approche logique réussit parfois à convaincre intellectuellement, mais on pourrait dire que « le coeur ne suit pas » et qu’il faut accepter d’ignorer son vécu profond pour obéir aux directives qu’on se donne.. C’est comme si on avançait « déconnecté de soi-même ». À cause de cela, le chemin parcouru dans cette optique, c’est-à-dire, sans tenir compte de notre vécu complet, ne mène pas à une plus grande possession de soi, mais au sentiment inverse: on se sent dépossédé. (Certains diront « Je suis perdu », « Je ne sais plus ce que je veux exactement », « Je ne sais plus qui je suis au fond ».)

La liberté intérieure n’est pas plus grande, au contraire, on a l’impression que c’est seulement en se persuadant et en s’encadrant d’un contrôle perpétuel qu’on peut réussir à fonctionner. On se retrouve donc, en quelque sorte, dans une prison différente dont on est soi-même le gardien, mais sans plus de liberté.